La Gazette

des Comores

Mutsamudu et Domoni évaluées par l’UNESCO

Mutsamudu et Domoni évaluées par l’UNESCO © : HZK-LGDC

Une délégation d’expert de l’UNESCO a évalué le 25 juin dernier les médinas de Mutsamudu et Domoni. Apres l’évaluation, les experts doivent formuler des recommandations techniques destinées à renforcer le dossier de candidature des Comores avant son examen par le Comité du patrimoine mondial.


Composée d'ambassadeurs auprès de l'UNESCO, d'experts internationaux, de représentants de la Fondation ALIPH et du ministère de la Culture, la délégation poursuit sa mission d'évaluation des médinas comoriennes candidates à l'inscription au patrimoine mondial. Son objectif est d'établir un diagnostic technique portant sur l'état de conservation des sites, leur authenticité ainsi que les dispositifs de gestion et de protection existants. Les conclusions de cette mission viendront alimenter le dossier avant son examen par le Comité du patrimoine mondial. Jeudi dernier, la délégation a été reçue à la mairie de Mutsamudu. Dès son arrivée à l'aéroport d'Anjouan, elle a été accueillie par des chants traditionnels et culturels. Autorités locales, représentants diplomatiques et habitants ont réservé un accueil chaleureux aux visiteurs. Dans son allocution, le maire de Mutsamudu a rappelé les enjeux de cette candidature. « La médina de Mutsamudu est un ensemble urbain vivant et habité. Notre priorité est d'adopter un plan de gestion permettant de protéger le bâti en pierre de corail, de sécuriser les structures et de maintenir les services urbains. Sans outils techniques ni financement dédié, l'inscription resterait déclarative », a-t-il déclaré.

Prenant la parole à son tour, Mohamed Soyir Bajrafele, ambassadeur des Comores auprès de l'UNESCO, a rappelé les critères d'évaluation retenus par l'organisation. « Le dossier porte sur six médinas héritées de l'histoire des sultanats. L'UNESCO examine l'authenticité, l'intégrité et la capacité institutionnelle à assurer leur protection sur le long terme. Cette mission permet de confronter le dossier présenté à la réalité du terrain », a-t-il expliqué. À l'issue de cette rencontre, les experts se sont rendus à la citadelle de Mutsamudu afin d'examiner la trame urbaine, les remparts ainsi que les matériaux traditionnels utilisés dans le bâti ancien. Le lendemain, la mission a poursuivi ses travaux à Domoni. Accueillie à la mairie, la délégation a effectué une visite guidée des médinas sous la conduite de l'ambassadeur Bajrafel. Les gardiens du patrimoine culturel de Domoni ont assuré l'organisation de cette immersion. La visite a porté sur les maisons à balcons en bois, les mosquées historiques et le réseau de ruelles qui structure la cité. Le maire de Domoni a présenté les besoins identifiés par la commune.

« Domoni conserve un ensemble architectural cohérent ainsi que des savoir-faire transmis de génération en génération. Nous devons d'abord documenter scientifiquement le bâti et former des artisans aux techniques de restauration adaptées. Nous sollicitons un appui pour définir un périmètre de protection et mettre en place un système de suivi régulier », a-t-il affirmé. La visite s'est déroulée en présence de Rastami Mouhidine, de représentants du CNDRS, du ministère de la Culture, de la Direction générale de la culture et des membres du Collectif du patrimoine des Comores (CPC). Les experts ont collecté des données sur les vulnérabilités des sites, l'état des structures et les usages actuels des médinas. Leur travail consiste à vérifier la cohérence entre les documents transmis et les observations effectuées sur le terrain.

Pour le Collectif du patrimoine des Comores, cette étape demeure avant tout un exercice technique. « Nous sommes dans une phase d'évaluation et non de communication. L'objectif est d'identifier les écarts éventuels et d'ajuster le dossier avant sa présentation au Comité du patrimoine mondial », indique le CPC. Mutsamudu et Domoni figurent parmi les médinas proposées par les Comores pour une inscription au patrimoine mondial. La délégation poursuit actuellement ses travaux et remettra prochainement ses observations préliminaires aux autorités. Le dossier devra ensuite suivre l'ensemble de la procédure d'évaluation de l'UNESCO avant toute décision d'inscription.

El-Aniou Fatima

 

 

 

 


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