C'est sur la place Changani que la Fête nationale Mbae Trambwe s'est clôturée dimanche 28 juin dernier, au terme de trois jours denses entre le CNDRS et Koimbani-Oichili. Conférences, expositions patrimoniales, ateliers pratiques et veillée poétique, tout s'est tenu dans le même cadre de célébration. L'édition 2026, placée sous le thème « Mbae Trambwe et sa vision protectrice de l'enfant », restera, selon les organisateurs, gravée dans les mémoires.
Tout avait commencé vendredi au centre national de documentation et de recherche scientifique. Devant une salle comble où notables en boubou brodé côtoyaient la jeunesse, la Fondation a ouvert les festivités par une double proposition : réfléchir et transmettre. Deux voix ont donné le ton. Saifillah Ibrahim, enseignant et ancien président de la Fondation, a rappelé que Mbae Trambwe n'est pas une figure figée mais une pédagogie vivante. Il a défendu trois piliers : le verbe comme outil de protection, la solidarité villageoise comme filet social, et la valorisation du savoir local contre le décrochage. « Protéger, ce n'est pas enfermer, c'est outiller », a-t-il résumé.
Lui a succédé Abu Sumayat, enseignant et prédicateur, qui a interpellé les familles. Maison, école et mosquée doivent, selon lui, former un rempart commun contre les violences ordinaires, l'abandon affectif et l'exposition précoce aux écrans. Une éthique où chacun est gardien de l'enfant de l'autre. La réflexion s'est alors prolongée dans la cour du CNDRS avec une exposition en deux volets : dégustation de plats du terroir et démonstrations de l'atelier tenues traditionnelles. Par ailleurs, le programme annoncé du 26 au 28 juin, s'est poursuivi à Koimbani. Samedi, ateliers, concours interscolaire en langues comoriennes et veillée poétique ont rythmé la journée, confirmant l'ancrage intergénérationnel.
Dimanche, la cérémonie officielle sur la place Changani a pris des airs de consécration. Sur l'estrade, face à une foule compacte mêlant familles, grands notables, figures politiques nationales, étudiants et touristes, la Fondation Mbae Trambwe a déroulé un protocole solennel. Les lauréats des concours ont été récompensés, artistes et exposants salués dans une ambiance festive. Quarante et un ans après ses premières éditions, la fête confirme son statut de rendez-vous identitaire. L'édition 2026 n'a pas seulement célébré un roi-poète, elle a imposé une méthode. Celle de faire de la culture un véritable outil de protection sociale, notamment des enfants, porteurs d'avenir.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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