Né à Tsingoni (Mayotte) il a grandi à Mdé Bambao. Tarikazizi Ahamada, ancien journaliste, enseignant et animateur culturel, publie aux Éditions Petra son premier recueil incandescent. Entre témoignage intime et chronique politique, « Saison de détresse » ausculte la corruption, l'exil et la mémoire d'un peuple à la dérive.
Pour son livre, Tarikazizi Ahamada a préféré la poésie de combat à l'exercice de style. Publié dans la collection “Pierres écrites / Omphalos”, « Saison de détresse » est présenté par son éditeur comme « un recueil de poésie engagé qui évoque les blessures d'un peuple pris dans l'étau de l'histoire, de la misère et de la désillusion. Le recueil dresse le portrait d'une société asphyxiée par la corruption, la dictature, les crises politiques ». L'auteur n'est pas un inconnu dans le paysage culturel comorien, il œuvre pour le vivre-ensemble et la dignité humaine depuis plus de dix ans. En 2011, il a fait partie des fondateurs du club littéraire Les Homoplumes. Ce qui marque le début de son engagement poétique.
Quand on lit son ouvrage, on a l'impression de faire une traversée. Le sommaire à lui seul, est un manifeste : « Peuple plié en quatre », « Résistance », « Tempête électorale », « Faim du pouvoir, faim du peuple », « Terreur et dictature ». Tarikazizi nomme sans détour ce que beaucoup taisent. Puis le regard se fait plus personnel. Il écrit « Exilé dans mon sol natal », « Fuir mon pays », « Une enfance condamnée », trois titres qui résument le paradoxe mahorais-comorien : partir sans partir, rester sans patrie. La question migratoire, surgit avec d'ailleurs deux poèmes coup de poing : « Kwasa-kwasa » et « Cimetière marin ».
L'auteur y évoque ces embarcations de fortune entre Anjouan et Mayotte, devenues symbole d'une jeunesse qui risque la mort pour une promesse française d'un avenir meilleur. Plus loin, il interroge l'identité blessée avec « Déshonneur de l'identité », « Séparatisme », « Le chagrin des minarets ». Mais « Saison de détresse » n'est pas qu'un réquisitoire. Dans la dernière partie, Tarikazizi Ahamada revient à ses racines : « Éloge à mon père », « Souvenirs d'enfance », « Mdé, ville du cœur », « Tsingoni, ma ville natale ». Comme pour dire que la résistance passe aussi par la tendresse. Le recueil est désormais disponible en librairie des Éditions Petra ou en ligne sur www.editionpetra.fr au prix de 12 €.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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