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Littérature : Saïd Ali Enbidina publie Les Dernières Lettres

Littérature :  Saïd Ali Enbidina publie Les Dernières Lettres © : HZK-LGDC

L’écrivain et slameur comorien Saïd Ali Enbidina publie son nouveau livre Les Dernières Lettres au Lys Bleu Éditions. Après son récit autobiographique « Mon vécu » début 2025, l’auteur revient avec une œuvre littéraire et théâtrale qui explore la fragilité des relations humaines au moment où l’amour ne suffit plus.


Le récit s’ouvre sur une décision irrévocable, Fatima choisit de quitter Amed. Dans une lettre, quelques mots suffisent pour briser une histoire que l’on croyait éternelle. Ce geste inaugure un dialogue silencieux entre deux voix, deux vérités, deux manières de vivre la douleur. « Les Dernières Lettres est né d’une interrogation simple, que reste-t-il lorsque l’amour ne suffit plus à maintenir une relation ? », confie l’auteur. La force du texte réside dans sa construction à deux voix. Fatima et Amed vivent le même événement, mais chacun le ressent différemment. « Je ne voulais pas raconter une rupture du point de vue d’un seul personnage. Dans une séparation, chacun possède sa vérité, ses blessures et ses raisons. Le récit à deux voix permet de montrer que personne n’a totalement tort ni totalement raison. » Cette polyphonie donne au lecteur l’impression d’entrer dans l’intimité des personnages, de partager leurs émotions et de comprendre que derrière chaque histoire se cachent plusieurs réalités.

La forme théâtrale du récit s’est imposée naturellement d’après l’auteur, « Les Dernières Lettres est avant tout un dialogue entre deux êtres qui tentent de se comprendre au moment où ils se perdent. J’ai cherché à faire naître l’émotion non pas à travers de grands effets de style, mais à travers la sincérité des paroles échangées. » Les mots sont simples, proches de ceux que l’on pourrait réellement écrire dans une lettre. Cette écriture épurée laisse au lecteur l’espace nécessaire pour ressentir et interpréter, conférant au texte une authenticité particulière, presque orale.

Au-delà de l’histoire d’amour brisé, le livre délivre un message. Certaines séparations ne sont pas forcément des échecs. « Nous vivons dans une société qui valorise souvent la durée des relations, mais parfois aimer quelqu’un ne signifie pas rester avec lui. L’amour peut être sincère et pourtant ne pas suffire à construire un avenir commun. » Les Dernières Lettres parle donc d’acceptation, de respect de soi et de l’autre, et de la capacité à se reconstruire après une perte affective. C’est une histoire de fin, mais aussi de renaissance.

Les Dernières Lettres s’inscrit dans un prolongement existentiel. Court mais percutant il se lit en une journée, mais laisse une empreinte durable. Il s’agit de comprendre l’être humain, ses fragilités et sa capacité à avancer malgré les blessures invisibles. « Dans ce dernier, j’explore les sentiments universels qui nous rapprochent tous. » Plus qu’un récit de rupture, c’est une méditation sur la communication et la renaissance, une invitation à réfléchir sur nos propres fragilités et sur la manière dont nous affrontons la perte.

Aticki Ahmed Ismael


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