La Gazette

des Comores

Les acteurs culturels réclament plus de transparence

Les acteurs culturels réclament plus de transparence © : HZK-LGDC

La culture se retrouve une fois de plus au cœur d’un bras de fer institutionnel. Dans un post facebook, le CCAC-Mavuna, l’un des principaux axes culturels dénoncent une marginalisation systématique de leur secteur dans les dispositifs publics censés soutenir l’emploi et le développement. Par ailleurs, la coordination du projet Facilité Emploi 2 assurent dans un communiqué que la culture n’a jamais été exclue des priorités nationales.


Les acteurs culturels, encouragés à déposer des dossiers, affirment avoir été trompés par des promesses non tenues. Ils parlent de « faux espoirs » et d’une absence de transparence. L’affaire remonte du 7 mai dernier ou une enveloppe d’un milliard quarante-deux millions de francs comoriens sera partagée avec onze OSC pour promouvoir l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes. Selon eux, la culture n’a jamais été une priorité réelle du dispositif, malgré les discours officiels. Le communiqué du CCAC-Mavuna a exprimé une profonde déception, accusant les autorités d’avoir nourri de faux espoirs et réclamant plus de transparence.

Les responsables du projet, eux, rétorquent que les critères de sélection étaient clairs et que la qualité des propositions n’était pas au niveau attendu. Dans leur communication, ils rappellent que les décisions ne relevaient ni du coordinateur ni de l’AFD, mais d’une commission ad hoc indépendante, placée sous l’autorité du secrétariat général du ministère de l’emploi. Cette commission, souveraine et impartiale, a fondé son appréciation sur des critères communs : analyse du contexte, pertinence des solutions proposées, modalités de mise en œuvre, résultats attendus et précision du budget.

Au-delà de ce différend, c’est une question politique qui se répète : quelle place la culture occupe-t-elle réellement dans la stratégie nationale ? Les discours officiels la présentent comme vecteur d’éducation, d’emploi et de cohésion sociale. Mais dans les faits, les artistes et associations peinent à trouver leur place dans les dispositifs publics, souvent dominés par des secteurs jugés plus productifs ou prioritaires. Les opérateurs culturels dénoncent très souvent une politique de façade, tandis que les institutions compétentes se défendent en invoquant une histoire de méthode et de neutralité. L’État se proclame vouloir valoriser son patrimoine et ses créateurs, certes, mais les acteurs culturels peinent à bénéficier les moyens de se développer.

Pour les acteurs culturels, cette affaire ne reste pas seulement dans un appel à projets contesté, mais dans une crise de confiance entre les acteurs culturels et les autorités. Tant que cette confiance ne sera pas rétablie, la culture restera perçue comme un secteur secondaire, malgré son rôle essentiel dans l’identité des Comores. « Nous demandons à l’avenir plus de clarté et d’honnêteté dans les appels à projets. » souligne le président du Ccac-Mavouna.

Aticki Ahmed Ismael

 


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