Le dimanche 21 juin dernier, la place de l'Indépendance a vibré pour une Fête de la musique populaire et résolument féminine, portée par l'Alliance française, Watwaniya, la mairie de Moroni et l'ambassade de France.
La fête a débuté à 18 heures tapantes. Le soleil décline, les premiers baffles crachent un électro. La foule, d'abord hésitante, reste en retrait des tribunes aménagées. Puis un beat afro s'élève, les plus audacieux se lancent. Les pas s'improvisent, encouragés par les cris et les téléphones levés. En quelques minutes, la timidité cède. Le DJ enchaîne sans complexe : pop du moment, afrobeat, remix de chants en shikomori, basses électro, tout y passe. La soirée s'ouvre par une battle explosive. Afrocomoco et Wadaha se répondent, au sol et sur une scène improvisée au milieu de la route, sous les applaudissements. Puis le cœur du programme, cinq voix comoriennes, cinq femmes. Queen Z, Salam, Djamila, Norena, Sonia et Narice, soutenues par le groupe Watoro.
« Cette année on a fusionné plusieurs énergies. On est ici en partenariat avec le label Watwaniya, mais également la mairie de Moroni et l'ambassade de France. La particularité cette fois-ci, c'est qu'on a voulu mettre à l'honneur les talents féminins », explique Anaïs Bonnet-Bonamino, directrice de l'Alliance française de Moroni. Loin des habitudes de scènes des éditions précédentes, l'union a fait la force. La directrice précise : « La différence par rapport aux années passées, c'est que chacun faisait un petit peu son événement de son côté. Cette année on s'est dit qu'on se réunissait pour faire une grande fête, tous ensemble place de l'Indépendance. »
L'idée de centraliser la fête au cœur de la ville, la rendre gratuite et ouverte, c'est affirmer que la culture appartient à tous. Sur scène, les têtes d'affiche étaient féminines, mais l'accompagnement restait quant à lui collectif. Les musiciens de Watoro ont assuré, guitares et percussions, preuve que la mise en lumière n'exclut pas, elle rééquilibre. À la fin, l'association des DJ comoriens clôturait la soirée. Les lumières balayaient la place, les derniers hésitants dansent. Des refrains en shikomori étaient repris en chœur. Un rendez-vous commun, où la musique, portée par des artistes femmes, a repris sa place au centre de la cité.
Hamdi Abdillahi Rahilie
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC