Aux Comores, la danse s’est exprimée d’abord et de générations en générations dans le cercle privé. Elle accompagne les évènements marquants d’une famille et du village comme lors des grands mariages, dans les places publiques.
En parallèle de ces expressions traditionnelles, les aléas de notre Histoire, de notre développement et de la mondialisation, grâce au contact maintenu avec la famille restée à Zanzibar, en France, Madagascar et partout ailleurs, a fait naître au fil des années des mouvements nouveaux. Parmi eux, un plus contemporain qui tient ses influences directement de ce qu’on appelle « la culture urbaine ». Par culture urbaine, on regroupe la danse comme le hip hop, la musique via le rap notamment, les arts plastiques, le sport ou encore tout simplement un mode de vie qui s’inspirent de la vie « urbaine », loin des circuits classiques de la « Culture » dans le musée, le conservatoire, le théâtre…
Aujourd’hui aux Comores, la danse, cette dynamique contemporaine qui a émergé il y a une dizaine d’années, commence à être une vitrine pour le pays et peut prétendre à se professionnaliser. Oui en 2024, la danse Comorienne est partout sur la scène mondiale de l’Opéra de Paris au palais de la culture en passant par Abidjan à Stockholm jusqu’à Riyadh ! Aux Comores Rien n’est gagné mais c’est palpable. C’était et c’est toujours un travail continu, des sacrifices pour certains et un combat de tous les jours pour d’autres. Grâce à la persévérance de ces Comoriens, restés au pays et à l’apport de ceux qui vivent à l’étranger, la danse n’est plus une simple distraction, sans intérêt culturel, ni financier. Cette discipline gagne en crédibilité même au-delà de nos frontières.
En cette année 2024, la société commence à apprécier ce vivier artistique comorien et de l’enthousiasme autour des évènements des structures, des Compagnies et des personnes sont devenus incontournables chez la jeune génération. Il va de soi que ces possibilités sont envisageables grâce au soutien de ceux qui ont cru et croient à la danse comme moteur de la culture, particulier ou non. Cette mobilité et ces échanges artistiques entre locaux et l’extérieur deviennent non négligeables. La création chorégraphique comorienne commence à être reconnue. Un danseur aux Comores se permet de rêver de vivre de sa danse. C’est quelque chose auquel on ne pouvait y penser il y a encore quelques années.
En ce lundi 29 avril 2024: journée internationale de la danse, aujourd’hui, nous pouvons être fiers que la danse aux Comores existe, de manière populaire et prenne une envergure professionnelle. La danse comorienne commence à faire ses preuves dans le monde. N’ayez plus peur de danser. L’envie de danser peut et se doit d’exister. Démolissons les Murs, soyons fous et Creusons s’il le faut, soyons ambitieux, sans peur, sans crainte. Si nous le voulons, la danse peut aussi devenir un art qui fera rayonner la richesse culturelle comorienne (Wutamaduni Wa Comori) au niveau mondial.
Salim Mze Hamadi Moissi (Seush)
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