La Gazette

des Comores

Is’sm Bilal, la musique pour le Kif

Is’sm Bilal, la musique pour le Kif © : HZK-LGDC

A seulement 27 ans, Bilal Ibrahim M’singani de son vrai nom a sorti il y a près d’un mois son premier single. Son rêve, sortir un seul projet car contrairement aux autres qui vise une carrière musicale, lui ne le fait que pour le plaisir et le kif.


S’il y a des jeunes qui après un premier son puis un deuxième ambitionnent de faire carrière dans le secteur, Is’sm Bilal est de ceux qui affirment « faire la musique que pour le kif ». Au pays de la Téranga où il fait ses études en économie (licence en Analyse Economique et Master en Banque Finance), ce natif de Mbadjini (Foumbouni et Ouzioini) ne fait cet art que par passion. « J’ai eu une passion tôt pour l’écriture, ce qui m’a donné une facilité à mettre en écrit mes ressentis, mes observations. Et pour moi, que ce soit le Slam, le Rap ou le chant ça reste juste des manières orales d’exprimer ces ressentis et ces observations de manière artistique. Et puis je suis un grand mélomane et à force d’écouter, tu as envie de te prêter au jeu. Si j’avais une belle voix j’aurais sûrement chanté un peu aussi », nous dit-il.

A seulement 27 ans, Bilal Ibrahim M’singani de son vrai nom a sorti il y a près d’un mois son premier single en featuring avec un autre jeune comorien se trouvant aussi au Sénégal suivi d’un clip vidéo. Si ce premier semble bien réussi, Is’sm Bilal avoue s’être appuyé sur son expérience éphémère en collectif qu’il a eu à vivre sur son pays d’accueil. « J’ai envoyé une vidéo freestyle en décembre dernier intitulé « djana na Mengo mitsanu (150) » et ça a eu un grand écho. Beaucoup de grands artistes du bled ont partagé : Cheick Mc, Da most Wanted, Momo boss et beaucoup d’autres.  Ça m’a vraiment boosté ! Du coup J’ai enchaîné avec 1 ou 2 autres. Ensuite j’ai enregistré quelques maquettes que j’ai fait écouter à Yan Gilg, un producteur français qui gère le label Factory musique basé à Marseille qui venait d’ouvrir une branche au Sénégal, et a décidé de les produire. DKM sorti il y’a quelques jours et qui est disponible sur toute les plateformes est le premier titre », poursuit-il.

Ce premier pas marque le début d’un projet à venir pour ce jeune rappeur car il avoue avoir saisi le temps pour enregistrer d’autres morceaux et deux autres clips qu’il va sortir très prochainement. De ces quelques titres enregistrés en studio, Is’sm Bilal précise que sa collaboration avec Canardo Green avec qui il a sorti ‘’DMK’’ se passe bien car « d’autres sons avec lui sont dans mon projet ». Partis pour faire des études, des jeunes comoriens s’adonnent pour d’autres activités et le plus souvent, ils se réfugient dans la musique. Pas trop inquiétant certainement. Sur ce point, Is’sm Bilal fait savoir que « chacun à ces propres attentes vis-à-vis de cela ». « Personnellement, je fais ça par pur kif et d’ailleurs j’en ai fait mon slogan : ‘’Zinu Ntsavuho’’ », fait-il savoir. 

S’il dit avoir la capacité de faire « tout ce qu’il veut dans la vie », ce dernier n’ambitionne qu’un seul projet musical tout en affirmant faire de l’art jusqu’à la fin de ses jours mais sous d’autres formes. Bien qu’il porte un amour pour le rap comorien, il ne se prive pas de montrer son inquiétude  à cause du manque de soutien et accompagnement. « Je voudrais évoquer le manque cruel de médias urbains comoriens, ou d’événements inclusifs tel qu’un festival de musique Urbaine... c’est vraiment dommage car les artistes sont là, le talent y est mais il y a très peu de lumière pour les faire briller. Ne serait-ce qu’au niveau de l’archipel. Il Faut que les acteurs culturels et certains grands artistes locaux se penchent urgemment sur la question », dit-il.

D’un point de vue général sur la musique urbaine, ce jeune rappeur reconnait l’émergence des talents. Faisant savoir qu’avant, le rap n’était qu’une histoire de deux ou trois personnes, aujourd’hui, « on assiste à une sorte de démocratisation du game avec une multitude d’artistes de chaque coins des îles et des studios émergents chaque jour et de plus en plus organisés ».

A.O Yazid

 


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