Depuis 2007, les Comores ont pour ambition de voir ses médinas inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, un projet qui a mobilisé de nombreuses énergies. À l’aube de 2025, l’espoir de voir cette initiative se concrétiser semble plus fort que jamais. Dans une interview, Dr Toiwilou Mze Hamadi, directeur général du CNDRS et point focal national de l’UNESCO, fait le point sur les avancées réalisées et les perspectives. Il a accepté de répondre à nos questions.
Question : Les Comores visent à inscrire ses médinas au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007. Pensez-vous que cette année sera la bonne ?
Toiwilou Mze Hamadi : L’inscription des médinas des Comores au patrimoine mondial de l’UNESCO est un objectif que le pays poursuit avec persévérance depuis 2007. Depuis ma nomination à la direction du CNDRS et plus particulièrement l’année 2024, des efforts significatifs ont été consentis pour renforcer la candidature, notamment par une mobilisation interinstitutionnelle et une préparation rigoureuse du dossier, qui met en lumière la valeur universelle exceptionnelle de ces sites. Si toutes les parties prenantes continuent de collaborer efficacement et si les critères de l’UNESCO sont pleinement satisfaits, 2025 pourrait bien être l’année de concrétisation de ce projet ambitieux.
Question : Quels sont les résultats de la table interministérielle que vous avez organisée le 7 janvier dernier ?
T.M.H : La table ronde interministérielle organisée le 7 janvier 2025 a permis d’obtenir des avancées majeures pour la valorisation des médinas des Sultanats historiques des Comores. Les principaux résultats incluent : la présentation des visions de chaque Ministère sur le dossier de candidature pour l’inscription des médinas au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec l’engagement des ministères concernés à soutenir activement ce processus. Le Renforcement des partenariats nationaux et internationaux, notamment pour la préservation et la gestion durable des médinas. Et l’adoption d’une feuille de route commune, comprenant des actions prioritaires pour la sensibilisation, la restauration et la mobilisation de ressources techniques et financières. Cette collaboration interinstitutionnelle marque un tournant décisif dans la préservation et la valorisation de ce patrimoine unique.
Question : Quel rôle votre institution a-t-elle joué dans la préparation du dossier d’inscription des médinas au patrimoine mondial ?
T.M.H : Je pense que notre installation en tant que Directeur Général au CNDRS et point focal national de l’UNESCO a été déterminante dans la préparation du dossier d’inscription des médinas des Sultanats historiques des Comores au patrimoine mondial. Notre expertise dans la gestion du patrimoine culturel et notre connaissance des procédures de l’UNESCO, a pu servir jusqu’à présent à mobiliser les ressources nécessaires, coordonner les acteurs clés, et garantir une approche rigoureuse et structurée. Notre engagement personnel et professionnel renforce aussi la crédibilité du dossier et l’alignement des efforts nationaux avec les exigences internationales.
Question : Quel profit pour les Comores, après l’inscription de ses médinas au patrimoine mondial ?
T.M.H : L’inscription des médinas des Comores au patrimoine mondial de l’UNESCO apportera de nombreux avantages pour le pays. Tout d’abord, elle conférera une reconnaissance internationale à ces sites, renforçant ainsi l’identité culturelle et la fierté nationale. Ensuite, elle ouvrira la porte à des financements et à une assistance technique pour la conservation et la réhabilitation des médinas. Enfin, cette inscription stimulera le tourisme culturel, créant des opportunités économiques pour les communautés locales et contribuant au développement durable du pays. C’est une chance unique de préserver un patrimoine précieux tout en générant des retombées positives pour les générations présentes et futures.
Question : Un dernier mot ?
T.M.H : Chers membres des communautés, décideurs, partenaires et acteurs engagés, les médinas des sultanats historiques des Comores sont bien plus que des vestiges du passé : elles sont le reflet vivant de notre identité, de notre histoire et de notre richesse culturelle. Ensemble, nous avons la responsabilité de préserver ce patrimoine exceptionnel pour qu’il continue d’inspirer, d’éduquer et de prospérer. Votre engagement, vos actions et votre soutien sont essentiels pour faire de cette mission un succès. Unissons nos efforts pour protéger ce trésor inestimable, car c’est en valorisant notre héritage commun que nous construirons un avenir durable et rayonnant pour les Comores.
Propos recueillis par Mohamed Ali Nasra
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