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des Comores

IDUKIO, le cinquième opus de Cheick MC déjà dans les tablettes

IDUKIO, le cinquième opus de Cheick MC déjà dans les tablettes © : HZK-LGDC

Vendredi, le pionnier du rap comorien, Cheikh Mc, effectuait son retour avec son cinquième projet, Idukio. Le Cheikh nous revient avec un cinquième album qui reste dans la constance de ses idées depuis le début de sa carrière solo en 1998.


C'est dans son domicile sise à la Coulée de lave, qui lui sert aussi de studio que nous avons rencontré l'artiste. Malgré les années, l'homme n'a pas changé sur son engagement pour une société libre et digne. Très acerbe dans le verbe, le chanteur reste constant dans sa manière de raconter et de véhiculer le message depuis le début. « J'ai l'impression de me répéter depuis le début de ma carrière, c'est redondant parce que ça change pas », confie-t-il. Politicien à sa façon, Cheikh MC sans verser dans le populisme, il a toujours eu comme marqueur la défense du plus grand nombre. A travers ses chansons (Mwambiye ...), il a toujours pointé du doigt les responsables politiques pour leur laxisme et une mise en garde du jour où le peuple comprendra que le changement est possible. Sur ce nouvel album, il fait le constat (Tabassam) mais évoque aussi  les limites du pouvoir quelle que soit la puissance et l'omnipotence que certains croient détenir "Werongowa  Ngo Lalo Wo Wubao, Ngari Walindao Wo Wusiku Ridjo Wawona We Djitsa". C'est aussi "un rappel aux courtisans du pouvoir" qui se voient plus souvent calife à la place du calife.

 

Dans Idukio, le Cheikh met en exergue le caractère maléfique et avilissant du pouvoir surtout si celui-ci est détourné de son dessein initial qui est de servir le peuple. Idukio est d'ailleurs un jeu de mot composé de deux mots au départ antinomiques. Iduku (silence) et kio (cri). Et le chanteur d'expliquer le sens profond de sa pensée. « Iduku, c'est ce qu'on est censé faire, être dans le silence totale. C'est la culture, c'est la politique qui l'impose », une façon pour lui de renvoyer dos à dos les décideurs politique mais aussi le poids de la tradition qui est devenu un vrai frein au développement d'une vision collective.

 

Très à jour, dans le développement d'une nouvelle  conscience africaine à travers le mouvement Panafricain, imprégné par le mouvement "y'en à marre" sous l'impulsion d'un Didier Awadi (rappeur sénégalais), Cheikh MC croit à un nivellement par le bas même si, il se désole "du niveau encore très bas de la population à comprendre les enjeux".

 

Cheikh MC sait aussi être sentimental, un registre qu'on n’a pas trop l'habitude de le voir évoluer. Dans "Mhaza", il fait carrément une déclaration d'amour à sa femme [Ndja Wona Wasaya Pvo Yematso Wayabaza, Ndja Tamani Mdrwadji Pvo Wulo Mkinaza, Tsi Dhwani ze Mbwana Zahangu Ngazidjo Wuhutraza]. Dans ces quelques passages, le rappeur faisait allusion à son combat pour la manifestation de la vérité sur les cas les plus graves de la covid 19. Tout en ironisant « c'est dur de me supporter », il a tenu à rendre hommage à sa femme. « C'est ma femme qui est malade en réanimation et je suis sur le terrain entrain de me battre », qui le supporte malgré son tempérament qui parfois dans des situations difficile. Cette détermination, c'est aussi la marque de fabrique de l'homme avant d'être celle de l'artiste.

 

Visiblement, le Cheikh a plus d’une flèche à son arc. La preuve est faite avec cette facette qu’on ne lui connaissait pas spécialement, la trap. Il en use dans le très sulfureux Ubish en featuring avec Jetcn Balacier, ou encore, dans Ndawe et «Buwe matso» en featuring avec Norena. Et le Cheikh n’a pas oublié de parler du très dansant Molo-Molo en featuring avec Djoban Djo. L’un des titres les plus aimés de l’album après « Mhaza »

AS Badraoui

 


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