La Gazette

des Comores

Festival Gombessa 2026 : Le coup d’envoi a été lancé à Iconi

Festival Gombessa 2026 : Le coup d’envoi a été lancé à Iconi © : HZK-LGDC

Le coup d’envoi du Festival Combessa 2026 a été donné le 5 septembre dernier à la place Parendrarou, à Iconi. En présence des autorités nationales, des élus locaux, de représentants de la société civile et de délégations de l’océan Indien, la cérémonie a placé la culture Gombessa et la transmission intergénérationnelle au cœur des échanges.


Chaque année, le Festival Combessa se veut un rendez-vous consacré à la valorisation du patrimoine culturel comorien. Pour l’édition 2026, le choix d’Iconi comme ville d’ouverture n’est pas anodin. Chargée d’histoire et considérée comme le berceau du Festival Combessa, la cité incarne une partie de la mémoire de Ngazidja. Elle offre ainsi un cadre symbolique pour rappeler que la culture prend racine dans les territoires où elle se transmet. L’ambition affichée est de faire du festival un levier de fierté, de cohésion et de dialogue avec les pays de la région. Dès 09h30, la place Parendrarou a accueilli un public venu nombreux. Les représentants de l’État, de la société civile, les notables, le maire de Bambao ya Mboini, l’ambassade de France, les villes voisines et éloignées ainsi que les représentants de la ville d’Iconi y ont pris part. La présence de délégations de La Réunion, du Mozambique et d’Afrique du Sud a donné à l’événement une dimension régionale. Le directeur commercial de Comores Télécom représentait, pour sa part, le secteur privé, partenaire de l’événement.

La matinée a été rythmée par plusieurs allocutions. Le maire de Bambao ya Mboini, Ali Nahouza, a insisté sur la nécessité de transmettre le gombessa aux jeunes générations. Il a rappelé que préserver les danses traditionnelles revient aussi à préserver une part de l’identité culturelle. Pour lui, le festival doit permettre de rapprocher les générations autour de pratiques qui risquent de s’éloigner du quotidien des plus jeunes. Prenant ensuite la parole, le gouverneur de l’île de Ngazidja, Ibrahim Mohamed Mze, a mis en avant la portée sociale de l’événement. Il a souligné le rôle de la culture comme facteur d’unité et de cohésion. Au-delà du spectacle, le festival constitue, selon lui, un espace permettant de rassembler les communautés et de renforcer le sentiment d’appartenance à un héritage commun.

La représentante de l’île de La Réunion est également revenue sur les liens anciens qui unissent les deux territoires. Langue, histoire et pratiques culturelles constituent autant de points communs sur lesquels peuvent s’appuyer de nouveaux échanges. Elle a plaidé pour le renforcement des collaborations artistiques entre La Réunion et les Comores. Le Festival Combessa pourrait ainsi devenir une plateforme régionale favorisant les rencontres entre artistes et la circulation des savoir-faire dans l’océan Indien. L’atmosphère était à la fois solennel et populaire. Tenues traditionnelles, chants, danses et premières prestations artistiques ont donné le ton à cette journée inaugurale. Le public, composé notamment de familles et de jeunes, a répondu présent. Pour plusieurs anciens, voir le gombessa mis à l’honneur devant les autorités constitue une reconnaissance longtemps attendue. Pour les organisateurs, cette ouverture pose les bases. Il ne s’agit pas uniquement de célébrer le patrimoine, mais également de préparer son avenir. La présence de partenaires internationaux et du secteur privé traduit cette volonté d’ouverture. Les délégations étrangères ont notamment manifesté leur intérêt pour de futures collaborations.

La représentation féminine occupe également une place importante dans cette édition. Plusieurs associations de danses traditionnelles venues de Mbadjini, Bambao, Itsandra et d’autres régions ont pris part aux festivités. Samra, membre de l’association de danse traditionnelle d’Iconi, a été sélectionnée comme meilleure joueuse traditionnelle. Selon Katy Toave, chorégraphe invitée de La Réunion, « ses pas, ses gestes et ses mouvements » traduisent une véritable signature physique de la danse traditionnelle comorienne. En choisissant Iconi pour lancer les festivités, les organisateurs veulent ainsi rappeler que la culture ne se décrète pas. Elle se vit et se transmet dans les territoires où elle a pris naissance. Le Festival Combessa entend montrer que la tradition n’est pas figée. Elle évolue, se transmet et rassemble les générations. Le coup d’envoi est donné. Place désormais aux rencontres, aux échanges et à la célébration d’un patrimoine qu’Iconi entend porter haut.

El-Aniou Fatima

 

 

 


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