Farid Abdou El Fatah incarne la vitalité de la scène comorienne à Antananarivo durant la 7e édition du Festival 321, organisée par la Compagnie Rary du 19 au 23 août. Placé sous le thème « Dihy sy Tantara » (danse et histoire), l’événement va réunir des artistes de Madagascar, de Maurice, de Suède et des Comores. Dans le cadre des rencontres, Farid a partagé son expérience en expliquant la réalité du monde artistique aux Comores et en retraçant l’historique de la danse contemporaine.
Farid s’est lancé dans la danse contemporaine en 2022 avec le collectif K-Danse. Dès 2023, il devient assistant chorégraphe de la compagnie, après une formation de six mois en acrobatie qui enrichit son langage corporel. Ses tournées dans les îles de l’archipel lui permettent de confronter ses créations à différents publics et de renforcer son identité artistique. En 2024, une rencontre et une formation avec des chorégraphes malgaches marquent un tournant. Farid prépare alors son premier solo, présenté à l’alliance française de Moroni. « Ce solo a séduit les organisateurs du festival, et c’est ainsi que l’invitation est venue », explique-t-il. Pour lui, c’est une étape décisive : « C’est une bonne chose de débuter une carrière professionnelle, avec des rencontres merveilleuses dans le domaine artistique. C’est une occasion d’ouverture vers d’autres opportunités. »
Au Festival 321, Farid découvre des univers multiples : « J’ai rencontré des artistes, d’autres nationalités, chacun avec son monde. Les échanges étaient riches. » Souligne-t-il. Durant ces échanges, il prend aussi le temps d’expliquer le monde artistique aux Comores et l’historique de la danse tel qu’il a vécu. Dans ses créations, Farid dit chercher à faire sentir la force des récits comoriens, mais aussi leur fragilité face au monde moderne. Il évoque aussi les projets en incubation au sein de sa compagnie, mais annonce déjà un projet personnel baptisé « Rencontre », qu’il souhaite développer à moyen terme.
Farid adresse enfin un message aux nouvelles générations : « C’est la persévérance qui paie. Restez focus sur la danse et cherchez toujours à évoluer. Osez créer, même si les moyens sont limités. La danse est un domaine qui peut nous épanouir. » Et pour résumer son expérience au Festival 321 en une phrase, il glorifie « Une rencontre qui transforme, une mémoire qui s’invente. »
Aticki Ahmed Ismael
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