La Gazette

des Comores

FACC : L’art, une forme de résistance en soi

FACC : L’art, une forme de résistance en soi © : HZK-LGDC

Une exposition sous le thème évocateur « résister » a transformée Moroni, en un carrefour culturel vibrant ce mercredi 20 novembre. Organisée dans le cadre du Festival d’arts contemporains des Comores, cet événement a réuni des artistes nationaux et internationaux dans un dialogue artistique puissant.


Cette parade étalait dans les locaux du Palais du peuple, a mis en avant des œuvres abordant le thème de la résistance culturelle impliquant une quête de liberté. Pour les organisateurs, le choix du thème « Résister » s’inscrit dans une volonté de donner une tribune aux artistes pour exprimer, à travers leurs créations, leurs visions et montrer au monde que l’art comorien a une voix singulière à offrir. Comme le dit si bien l’artiste comorien DaGenius, l’art s’impose de plus en plus comme un moyen d’expression culturelle, sociale et politique. « Nous avons explorée la thématique à notre manière en collaboration avec un autre artiste photographe et vidéaste, du nom d’Amal. L'idée était de créer une vidéo mettant en scène un cadre unique de la ville de Moroni. Un monument intemporel en arrière-plan, la vie quotidienne de Moroni en mouvement, et un danseur qui incarne, à travers son corps plutôt que par des mots, la résistance propre à cette ville. En y ajoutant des éléments tels que la photo et l'aquarelle dans une installation artistique », précise-t-il.

L’événement a vu la participation de plusieurs artistes provenant des quatre coins du monde. Parmi eux, la peintre Mahoraise Yasmine Thany, dont les toiles explorent les notions de mémoire collective. Une de ces pièces maîtresse, intitulée Ubuntu. « Ce dernier est un terme de la langue bantoue qui désigne l’humanité qui construit les êtres par un partage mutuel. Donc le thème de ce festival m’a fait penser à ce mot qui prouve que l’Union fait la force ».

Pour l’artiste Mahorais Jan Ven, la production locale a marqué son esprit. « A Mayotte les arts sont importés pourtant ici tout est produit localement ça m’émeut. Heureusement que j’ai contribué dans ce vernissage », lance-t-il, avant d’ajouter « j’ai fait un œuvre de Bob Marley qui résistait contre le système et les influences de la société. J’incarne ses dires « Quand la pluie tombe, certains sortent de la pluie pendant que d’autres se réjouissent en se disant que la pluie c’est une bénédiction car il s’agit de la nature ».

Venus nombreux pour découvrir ces créations uniques, les amateurs d’arts étaient conquis. « C’est incroyable de voir autant de diversité dans une même exposition. Chaque œuvre raconte une histoire qui nous pousse à réfléchir mais celle qui m’a le plus particulièrement marqué c’est un tableau qui s’intitule résiste », confie Me Nadjilat Mladjao. Notons que ce festival ne se limite pas à cette exposition. Jusqu’au samedi 23 novembre, des conférences, des projections de films viendront enrichir ce rendez-vous artistique, consolidant Moroni comme un véritable hub culturel régional. L’exposition « résister » est un rappel saisissant de la capacité de l’art à inspirer, à questionner et à unir les communautés. Les Comores, au carrefour des cultures, démontrent ainsi qu’elles peuvent être un foyer d’innovation et de créativité.

Mohamed Ali Nasra

 


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