Le Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique sort de son silence face à la dégradation de certains sites historiques de l’archipel des Comores. Dans une conférence de presse, le directeur général du centre appelle l’ensemble de la population à réagir avant qu'il ne soit pas trop tard car, dit-il « sans préservation de notre héritage commun, il n’y aura pas d’émergence ».
L'Union des Comores regorge de plusieurs atouts socioculturels et touristiques dont le patrimoine culturel, matériel et immatériel. Mais ces derniers temps, certains comoriens qui ignorent la valeur de cette richesse mènent des actions de destruction. Après ce constat « amère », le Contre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS) brise le silence et appelle tous les acteurs concernés à réagir pour sauver notre patrimoine. « J’ai le cœur triste de voir la destruction de notre patrimoine à Iconi, Moroni et dernièrement à la citadelle de Mutsamudu », lance Dr Toiwilou Mzé Hamadi. D’après le conférencier, c’est une délégation étrangère composée de chercheurs des Etats-Unis, d’Australie, d’Allemagne et d’Angleterre en mission aux Comores pour visiter nos sites historiques qui ont révélé en premier que le site de Sima était en train d’être détruit pour des raisons difficiles à expliquer. « Il s'agit de l’un des sites les plus importants pour notre pays. Si on le détruit, c'est carrément la richesse de notre pays qui est anéanti mais aussi notre identité qui serait en voie de disparition », avance-t-il.
Le directeur général du CNDRS est revenu aussi sur la destruction de la citadelle de Mutsamudu à Anjouan. D’après lui, cela fait deux semaines qu’un citoyen se permet de démolir ce site pour des fins personnelles. « Jusqu’à heure où je vous parle, aucune mesure n’a été prise pour l’empêcher de démolir ce monument qui a plus de 229 ans. Il continue de faire ses travaux comme si le terrain lui appartient», dénonce-t-il, avant de rappeler que « ce site fait partie des 5 cites répertoriés par l'Unesco dans la liste du patrimoine mondial. Il s’agit de Domoni et Mutsamudu pour Anjouan et Itsandra, Moroni et Iconi pour la Grande Comore ».
Le directeur général du CNDRS sollicite le concours de tout le monde pour arrêter la destruction de ces sites en interpellant nos dirigeants au plus haut sommet de l’Etat. « Chacun de nous est responsable de ses actes. Nous devons faire en sorte que cet héritage reste intact pour le transmettre aux générations futures », a-t-il conclu. Et Dr Toiwilou Mzé de se réjouir toutefois du geste des habitants de Hadjambou après la découverte d’une grotte dans laquelle, selon les chercheurs, des objets retrouvés datent du 13e siècle.
Ibnou M. Abdou
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