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des Comores

Culture : Iconi accueille la 9e édition du Gombessa Festival

Culture :  Iconi accueille la 9e édition du Gombessa Festival © : HZK-LGDC

Du 5 au 12 septembre, Iconi accueillera la 9e édition du Gombessa Festival. Huit jours durant, la danse traditionnelle, le chant a cappella, kassuda, dayira et sport réuniront 20 associations masculines, 16 associations féminines, des délégations de Mohéli et d'Anjouan et trois délégations étrangères venues de La Réunion, du Mozambique et d'Afrique du Sud.


Lancé en 2014 à Iconi malgré d'importantes difficultés financières, le Gombessa Festival s'est imposé comme un rendez-vous incontournable de la culture comorienne. Pour sa 9e édition, il franchit un nouveau cap avec une ouverture internationale assumée. Tout commence en 2014. À Iconi, en Grande Comore, un groupe de passionnés décide de lancer un festival dédié à la culture comorienne. L'ambition est claire : préserver et transmettre les traditions. Les moyens, en revanche, font cruellement défaut. « Avec beaucoup de difficultés surtout financières. Mais la volonté et l'envie ont été plus énormes que les difficultés », se souvient Ryadhuidine Idrisse, directeur artistique du festival. Malgré ces obstacles, la première édition rassemble 27 villages, voisins et lointains. Une mobilisation inédite qui révèle à la ville l'ampleur du projet et son impact potentiel. Iconi comprend alors l'enjeu : faire du Gombessa un rempart contre l'oubli des pratiques ancestrales et un espace de transmission.

 

Douze ans plus tard, le pari est gagné. D'abord local, le festival est devenu annuel, a dépassé les frontières et s'est imposé comme un événement international reconnu. Du 5 au 12 septembre prochain, Iconi redeviendra l'épicentre de la culture comorienne. Pendant huit jours, du jour à la nuit, la ville accueillera une vingtaine d'associations culturelles et traditionnelles d'hommes et seize associations de femmes. Selon le directeur artistique, une délégation d'une vingtaine de personnes venues de Mohéli et d'Anjouan est également attendue. À cette présence nationale s'ajoutera la participation de délégations de La Réunion, du Mozambique et d'Afrique du Sud. « L'objectif est de préserver la richesse culturelle et traditionnelle, et plus encore la valoriser, car c'est à nous de valoriser notre culture pour la génération future », affirme Ryadhuidine Idrisse. L'édition 2026 allie compétition et scène libre, avec un programme resserré et ambitieux. La cérémonie d'ouverture est prévue le matin du samedi 5 septembre à la Place Parendrarou. Elle sera suivie des phases éliminatoires des danses traditionnelles, catégories femmes et hommes.

 

Le dimanche 6 septembre, le sport prendra le relais avec des compétitions de pétanque et de football de rue mixte, avant le lancement des éliminatoires du concours de chant a cappella mixte. La nuit du lundi 7 septembre, à Bichioni, sera consacrée à la kassuda, présentée hors concours. Du 8 au 10 septembre, plusieurs quartiers de la ville accueilleront les scènes libres et les espaces de libre expression, destinés à laisser place à la création spontanée et à l'expression artistique populaire. Le point d'orgue de la semaine est attendu le vendredi 11 septembre au Stade Foundi Karnet avec un méga concert. La finale du Gombessa Festival, toutes catégories confondues, se tiendra dans la nuit du samedi 12 septembre au même stade, suivie de la cérémonie de remise des prix.

 

Pour cette année, les organisateurs annoncent des chiffres ambitieux, notamment 30 groupes de chant a cappella, 30 équipes de football de rue mixte et de pétanque, puis plus de 100 équipes mobilisées au total pour animer l'ensemble des activités. Parmi les disciplines phares, deux incarnent particulièrement l'âme du festival. « Des prestations de Dayira et Kassuda seront au rendez-vous. C'est un levier essentiel pour la tradition et une signature pour les Comores », souligne Ryadhuidine Idrisse. Au-delà de la fête, le Gombessa Festival revendique une mission éducative. En réunissant jeunes et aînés, troupes locales et invités étrangers, il entend créer une passerelle entre les générations et démontrer que la culture comorienne a toute sa place dans le dialogue culturel régional et international. Douze ans après ses débuts modestes à Iconi, le festival prouve qu'une volonté collective peut transformer une idée locale en vitrine culturelle nationale qui rayonne aujourd'hui bien au-delà des frontières comoriennes.

 

 El-Aniou Fatima

 


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