La ville d’Iconi a accueilli le samedi 20 juin dernier une conférence publique pour annoncer l’inscription prochaine de 24 de ses sites parmi les 27 sites comoriens retenus au patrimoine mondial de l’UNESCO. La signature officielle est prévue le 25 juillet prochain à Ruzani, en Corée du Sud.
Sur ces 27 sites, 24 sont situés dans la seule ville d’Iconi. Moroni, Itsandra, Ntsoudjini, Mutsamudu et Domoni ont été choisies pour représenter la diversité patrimoniale de l’archipel. Abbou Mbechezi Mohamed, l’un des conférenciers, a souligné la portée de cette reconnaissance. Il a précisé que le palais royal Kaphviri Djéwé a été retenu comme le joyau de tous les sites d’Iconi. Pour lui, ce classement consacre des siècles d’histoire, d’architecture et de traditions portés par la capitale historique du Bambao. Il a affirmé que la cérémonie de la signature aura lieu à Ruzani, en Corée du Sud, devant la communauté internationale. « Le Palais Kapviri Djéwé dispose des qualités requises pour devenir le projet phare du bien sériel. Ce projet viserait à la sauvegarde et à la mise en sécurité des vestiges du palais et pourrait enclencher un processus positif de requalification de ses abords immédiats vers la mer et vers la ville. Les vestiges du palais ont le potentiel de devenir « le » haut lieu patrimonial de l’île, un symbole national du patrimoine des médinas qui serait visité par toutes les écoles du pays et par les visiteurs étrangers. Le projet serait aussi l’occasion de lancer des études approfondies sur l’histoire du site avec des campagnes localisées de fouilles et de l’archéologie en élévation du bâti, contribuant ainsi à renouveler la dynamique de recherche scientifique sur le bien », lit -t-on dans le rapport de RCH entage, fait le 25 janvier dernier.
Le maire de Bambao ya Mboini, Ali Nahouza, a profité de cette tribune pour annoncer des mesures fortes de protection. Avec fermeté, il a déclaré avoir officiellement créé il y a dix mois la protection et la conservation du patrimoine communautaire. Selon lui, ces 24 sites ne relèvent plus d’un héritage familial individuel. Ils sont désormais placés sous donation patrimoine communautaire. « Nul n’a le droit de changer ou détruire ces sites sous prétexte que c’est un héritage familial. Il y a un acte de notaire et dès ce lundi des procédures juridiques suivront afin de protéger ces 24 sites d’Iconi », a martelé le maire. Cette clarification vise à éviter toute appropriation privée d’un bien désormais reconnu d’intérêt national et mondial. La ville se prépare à recevoir ce mercredi une délégation diplomatique : Des ambassadeurs de Norvège, d’Oman, d’Arabie Saoudite et d’autres pays sont attendus aux Comores. Ils se rendront ensuite à Iconi pour observer les 24 sites prêts à intégrer la liste de l’UNESCO.
Vers la fin de la conférence, Ryadhuidine Idrisse, alias Sans blagues, a rappelé l’importance du patrimoine immatériel lié à ces lieux. Pratiques, sagesse, savoir-faire et mémoire collective font partie intégrante de ce que l’UNESCO s’apprête à saluer. Pour Idrisse, cette inscription ouvre « une porte d’or » pour le pays. Il y voit une fierté nationale mais aussi un levier économique. « C’est des emplois qui s’ouvrent à la jeunesse comorienne. C’est une lutte contre le chômage dans notre pays et dans notre ville », a-t-il insisté. En concluant que « ce nouveau statut doit bénéficier à toute la communauté et faire rayonner les Comores au-delà de ses frontières ». En attendant le 25 juillet et la signature à Ruzani, Iconi retient son souffle. La ville historique du Bambao s’apprête à entrer dans le cercle restreint des patrimoines mondiaux. Un aboutissement pour ses habitants et un défi : faire vivre et transmettre ces 24 sites.
El-Aniou Fatima
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