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des Comores

Art : Mohamed Iliassa, l’autodidacte d’Iconi qui fait voyager ses étoiles

Art :  Mohamed Iliassa, l’autodidacte d’Iconi qui fait voyager ses étoiles © : HZK-LGDC

À Iconi, Mohamed Iliassa a transformé une découverte fortuite en véritable métier. Informaticien de formation et peintre autodidacte depuis 2002, il a fait des étoiles sa signature artistique. Avec 295 toiles à son actif, l’artiste a déjà vendu certaines de ses œuvres aux États-Unis, en France et à La Réunion, tout en poursuivant son activité entre peinture et vie de famille.


Il n’a jamais suivi de cours de peinture. Pourtant, depuis plus de vingt ans, le pinceau est devenu son outil de travail. Originaire d’Iconi, Mohamed Iliassa découvre la peinture en 2002 alors qu’il travaille comme secrétaire à l’école privée Mounatie, à Moroni. Chargé notamment de surveiller les enfants pendant leurs activités artistiques, il observe leurs gestes, leurs mélanges de couleurs et leur créativité. Peu à peu, l’envie de peindre s’installe. « J’ai décidé de me lancer et de commencer à faire des étoiles », se souvient-il. Sa première œuvre, réalisée en 2002, est offerte à la directrice de l’école Mounatie. Il ne se rappelle plus précisément du motif, mais garde en mémoire la satisfaction d’avoir réussi son premier tableau. « Je ne me souviens pas exactement de ce que c’était. En tout cas, c’était réussi », raconte-t-il avec le sourire.

Pour se faire connaître, le jeune artiste choisit alors une méthode simple : le porte-à-porte dans les rues de Moroni et d’Iconi. « Je faisais du porte-à-porte pour les vendre. C’était au début et je voulais me faire de la publicité. Je les vendais entre 10 000 et 15 000 francs comoriens », explique-t-il. Plus de vingt ans plus tard, son activité a pris une autre dimension. Dans son atelier d’Iconi, 295 toiles sont aujourd’hui entreposées. Ses œuvres ont également franchi les frontières. Trois de ses tableaux se trouvent aux États-Unis, tandis que d’autres ont été acheminés en France et à La Réunion. La diffusion de ses œuvres à l’étranger repose en partie sur son entourage. Aux États-Unis, il raconte que son épouse a contribué à faire connaître son travail. « C’est grâce à mon épouse que j’ai réussi à vendre trois de mes étoiles en Amérique. Elle travaillait en 2023 avec des Américains. Une fois venus nous rendre visite à Iconi, ils ont été émerveillés et sont repartis avec trois de mes chefs-d’œuvre », raconte-t-il.

En France et à La Réunion, ce sont principalement des proches qui assurent la promotion et la vente de ses tableaux. Des œuvres qui partent ainsi au-delà de l’archipel, sans que l’artiste ne cherche forcément à connaître leur prix de revente. « Je ne demande pas à combien elles sont vendues. Le plus important pour moi, c’est d’être reconnu », affirme-t-il. Mais derrière cette reconnaissance se cache un quotidien parfois difficile à organiser. Mohamed Iliassa doit concilier sa passion pour la peinture avec ses responsabilités familiales. Père d’une fillette de trois ans, il assure lui-même une grande partie de sa garde, son épouse travaillant à l’aéroport. « Avec ma fille de trois ans que je n’aime pas confier aux autres, je dois être à sa disposition 24 h/24, car ma femme travaille à l’aéroport. C’est avec moi qu’elle passe du temps et je dois la surveiller en permanence », explique-t-il.

Entre la peinture, sa vie de famille et une collaboration professionnelle dans un autre domaine, les journées sont bien remplies. Pour autant, il continue de peindre et de faire vivre cette activité qui lui permet de contribuer aux besoins de son foyer. Pour Mohamed Iliassa, la peinture n’est donc pas seulement une passion. Elle est aussi devenue un métier et une source de revenus. Une conviction résumée en quelques mots : « Il n’y a pas de sous-métier. »

El-Aniou Fatima

 


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