Fondée par des passionnés de danse à Madjadjou, elle rassemble aujourd’hui des talents venus des milieux défavorisés, Afro ComoCo a présenté à l’Alliance française de Moroni ce mercredi 16 septembre 2026 le spectacle « NOUS », une fresque chorégraphique qui célèbre l’unité par le mouvement devant un public « inimaginable » selon les danseurs.
Sur scène, les danseurs convoquent hip-hop, afro, contemporain, acapella et même des incursions au rythme de shigoma, danse traditionnelle. La base de leur travail est l’Afrobeat, Ndombolo, Amapiano, Coupé-Décalé. Mais la troupe a exploré durant à peu près une heure de temps la danse contemporaine pour créer une nouvelle signature en mélangeant les rythmes africains et le contemporain. « Nous voulons montrer que la danse afro peut dialoguer avec le contemporain, qu’elle peut raconter nos histoires et nos émotions tout en restant fidèle à nos racines », explique le chorégraphe Haïtham Ben Ali. Maintenus par une mission noble : « Rassembler pour mieux grandir ». La famille Afro ComoCo est devenue un espace de rencontre et de formation où les jeunes trouvent une alternative à la rue et à la délinquance. « Afro ComoCo offre une formation pour les débutants, encadrement pour les talents confirmés. » La compagnie devient petit à petit une icône qui pourra représenter les Comores au-delà de nos frontières.
Rencontrés dans les coulisses, les danseurs nous confient que certains ont commencé dans les rues de Moroni, d’autres dans des ateliers improvisés au CCAC-Mavouna. « Chaque répétition reste un moment de partage, mais aussi une ambition de nourrir notre fraternité ». Confie Oussama ben Kader, un des danseurs. « NOUS, c’est l’idée que malgré nos différences, nous pouvons construire ensemble. La danse devient un langage commun, une mémoire partagée. Ici on a voulu mettre le Nous en avant pour parvenir à une réussite commune », explique toujours le chorégraphe Haïtham Ben Ali. Dans la salle, les transitions, parfois ardues, donnés l’impression aux spectateurs que chaque danseur racontait son histoire. La représentation finale, avec des costumes traditionnels, finit de convaincre le public.
Au terme de la représentation, Haïtham Ben Ali prend la parole devant le public et représentants des institutions culturelles présentes. Son message était ciblé « Nous avons le talent et l’énergie. Mais pour que ce spectacle voyage à travers le monde, il faut un accompagnement institutionnel et financier. Le produit est déjà là, il est temps qu’il soit compétitif au niveau des grandes scènes internationales. » Dans un pays où les opportunités culturelles sont encore limitées, Afro ComoCo montre la voix d’une jeunesse qui refuse l’immobilisme et choisit la création comme chemin pour réussir. Et si les institutions répondent à l’appel de Haïtham Ben Ali, alors peut-être que demain, « NOUS » résonnera bien au-delà des murs de l’Alliance française.
Aticki Ahmed Ismael
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