Médina Wiratha a lancé, les 26 et 27 septembre, la troisième édition des Journées de la médina, un rendez-vous consacré à la valorisation du patrimoine et de l’identité comorienne. La cérémonie d’ouverture a réuni les institutions partenaires, les acteurs culturels et le grand public dans l’enceinte du Conseil de l’île de Ngazidja, où sont exposés des images et des biens culturels. Cette édition est placée sous le signe de la transmission et de l’innovation.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par le mot de bienvenue d’Akim Said Mchangama, conseiller culturel à la Mairie de Moroni. Il a rappelé la mise en place d’un comité du patrimoine, qui se réunit chaque semaine pour élaborer et suivre un plan d’action destiné à préserver et dynamiser la Medina. La présidente de Medina Wiratha, Faniya Abbas a ensuite souligné la portée particulière de cette édition parlant de la reconnaissance internationale de la Medina parmi les patrimoines inscrits à l’UNESCO. « Protéger ce que nous avons reçu et le transmettre aux générations futures », a‑t‑elle affirmé, insistant sur le rôle du patrimoine comme porte d’entrée pour la culture et l’économie locale. Le vernissage de l’exposition a donné le coup d’envoi pour les deux jours d’activités qui va permettre de mettre en valeur la diversité culturelle de la Medina. Lors de la visite des cafés éphémères, les participants ont découvert un aperçu des savoir‑faire gastronomiques locaux, en présence notamment de l’ambassadeur de France et de son attaché de coopération. À leurs côtés, le professeur d’histoire à l’université des Comores, Ali Mohamed Djalim, a rappelé la valeur de restituer nos habitations pour leur donner une seconde vie. « Ces trésors peuvent servir la communauté et transformer les lieux en espaces permanents et durables ».
L’après‑midi, une conférence a réuni un public varié sur la réflexion du comment inscrire la Medina dans les défis du futur. Animée par Moussa Said, historien et chercheur au CNDRS, elle a permis de croiser les regards. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de concilier préservation et rénovation, en intégrant le patrimoine dans les dynamiques économiques et sociales. Pour sa part, l’architecte Khaled Mlanao a présenté une stratégie de valorisation du patrimoine bâti. À partir d’images d’illustration, il a montré que cette reconnaissance internationale constitue une occasion de se reconcentrer sur la préservation et de régénérer le patrimoine, tout en ouvrant une réflexion globale pour intégrer des nouveaux programmes.
Le dimanche 27septembre, des présentations des arts calligraphiques et de la menuiserie ont mis en lumière la richesse des savoir‑faire traditionnels, avant qu’une visite guidée ne conduise le public à redécouvrir les ruelles et les symboles de la Medina datant. La clôture de cette édition a été marquée par le lancement du Musée virtuel de la Médina de Moroni, une initiative numérique qui élargit l’accès au patrimoine et en assure la transmission aux générations futures. L’édition 2026 restera comme celle de la consécration internationale, mais aussi comme un repère vers une stratégie de transmission culturelle via le numérique.
Aticki Ahmed Ismael
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