Cinq lauréats ont été distingués à Moroni, la semaine dernière lors de la troisième édition du concours des récits du Prophète Muhammad, organisé par la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains. Au-delà du classement, l’événement a mis en lumière l’intérêt croissant des jeunes Comoriens pour l’apprentissage des hadiths et la transmission du savoir religieux.
C’est au Centre d’animation socioculturelle de Moroni-Mtsangani qu’a eu lieu la cérémonie de remise des prix. Derrière les trophées et les distinctions, c’est une véritable dynamique éducative et spirituelle qui se déploie progressivement à travers l’archipel. Trente-trois candidats ont pris part à cette troisième édition consacrée à la mémorisation des hadiths du Prophète Muhammad. À l’issue des évaluations, cinq participants ont été récompensés pour leurs performances, tandis que l’ensemble des candidats a été salué pour son engagement dans l’apprentissage des traditions prophétiques. La cérémonie a rassemblé plusieurs personnalités, parmi lesquelles le président local de la Fondation Mohammed VI des Oulémas Africains, Dr Abdoulhakim Mohamed, le représentant de l’ambassade du Maroc à Moroni, Nabil Dhaou, le secrétaire général de la fondation, Dr Nourdine Bacha, ainsi que l’historien Damir Ben Ali.
Dans son intervention, Dr Abdoulhakim a rappelé l’engagement du Royaume du Maroc en faveur de l’enseignement islamique et de la transmission du Saint Coran ainsi que des hadiths. Il a mis en avant les relations historiques entre le Maroc et les Comores dans le domaine de la formation et de l’éducation. Ouvert aux citoyens comoriens âgés de douze ans et plus, le concours est structuré autour de trois catégories : quarante hadiths sur les signes de la prophétie, trente hadiths sur le caractère du Prophète et trente autres portant sur ses caractéristiques. L’évaluation repose sur des critères scientifiques intégrant la mémorisation, la qualité de la récitation et la compréhension du sens des textes. Le jury, composé d’universitaires, salue le niveau général des participants. L’un des candidats obtient même la note maximale de 20 sur 20, illustrant le sérieux de la préparation et l’intérêt accordé à cette discipline.
Pour Dr Nourdine Bacha, cette compétition s’inscrit dans une vision plus large. « Quarante-huit pays sur les cinquante-quatre que compte l’Afrique sont membres de cette fondation », indique-t-il. Il rappelle que l’institution organise chaque année quatre concours majeurs : la mémorisation et la récitation du Saint Coran, la mémorisation du hadith prophétique, les manuscrits et documents islamiques africains ainsi que la recherche sur les constantes religieuses communes aux peuples africains et au Royaume du Maroc. Selon lui, ces initiatives permettent de valoriser la contribution des savants africains à la pensée islamique et de rappeler le rôle historique des sociétés africaines dans la diffusion du savoir religieux. Un objectif partagé par le maire de Moroni qui assure que « la commune de Moroni reste disponible pour accompagner la pérennisation de ce type d’activités ».
Ibnou M. Abdou
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