La Gazette

des Comores

15 jeunes femmes formées dans le cadre du projet « Voix de la Lune »

15 jeunes femmes formées dans le cadre du projet « Voix de la Lune » © : HZK-LGDC

Après une semaine de formation, la cérémonie de clôture du projet « Voix de la Lune : Femmes, Savoirs et Héritages des Comores », s’est tenue le 2 mai à Mitsoudjé. Porté par la COI dans le cadre du soutien aux industries culturelles et créatives (ICC), mis en œuvre par l’ONG Cap d’Afrique avec l’expertise du Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS), et financé par l’AFD, ce projet vise à former de jeunes femmes afin qu’elles deviennent à la fois créatrices, innovatrices et gardiennes éclairées du patrimoine culturel, grâce aux outils numériques.


Ces jeunes femmes n’ont pas seulement acquis des compétences techniques : elles ont gagné un véritable pouvoir. Celui de dire : cette histoire mérite d’être entendue, cette femme mérite d’être vue, ce savoir mérite de vivre. « Désormais, lorsque vous retournerez dans vos communautés, vous serez porteuses d’une mission. Chaque entretien que vous enregistrerez, chaque image que vous capturerez, chaque témoignage que vous archiverez sera une victoire contre l’oubli. Vous êtes, à partir d’aujourd’hui, des actrices du patrimoine vivant comorien. La lune, dans notre culture, éclaire sans aveugler, elle guide sans imposer. “Voix de la Lune”, c’est cela : une lumière douce mais persistante, posée sur des visages de femmes que l’histoire officielle a trop longtemps laissés dans l’ombre », a déclaré Binti Mohamed Roumaissoiou Bachirou, représentante de l’ONG Cap d’Afrique.

Elle a également souligné que cette clôture marque en réalité un nouveau départ. L’application numérique en préparation, les modules interactifs en shikomori et en français, ainsi que les témoignages collectés dans les villages, prendront vie dans les mois à venir. « Lorsqu’un enfant, à Hambou, Moroni, Mutsamudu ou Fomboni, ouvrira cette application et entendra pour la première fois la voix d’une guérisseuse ou les paroles d’une poétesse comorienne, il comprendra que son patrimoine est vivant, que sa culture est belle et que les femmes en sont le cœur battant. C’est la promesse de “Voix de la Lune” », a-t-elle affirmé.

À son tour, le directeur général de l’AFD Comores, Thierry Liabastre, a salué l’initiative. « Votre présence témoigne de la force d’une conviction partagée : les industries culturelles et créatives constituent aujourd’hui un levier essentiel pour le développement, la cohésion et l’intégration régionale dans l’océan Indien, et particulièrement aux Comores ».  Il a ajouté qu’en 2026, le projet ICC a franchi une nouvelle étape : « À travers les activités de l’ONG Cap d’Afrique, le projet s’affirme désormais comme une plateforme régionale structurante, capable de réunir à l’échelle locale des domaines complémentaires tels que le patrimoine, la création contemporaine, le numérique, les compétences professionnelles et la promotion du genre. Cela témoigne d’une véritable maturité : nous ne sommes plus dans l’expérimentation, mais dans la construction d’un écosystème durable pour les ICC dans l’Indianocéanie ».

« Le projet “Voix de la Lune” représente une opportunité majeure pour valoriser les savoirs et le patrimoine culturel transmis par les femmes comoriennes à travers les générations. Il répond à plusieurs enjeux : préserver des savoirs oraux menacés, les transmettre aux jeunes via des outils numériques bilingues accessibles hors ligne, et renforcer la place des femmes dans les ICC afin de favoriser l’égalité et créer des opportunités professionnelles », a-t-il précisé. Il a également souligné le caractère innovant de l’initiative : « L’innovation réside à la fois dans la rencontre entre le contenu patrimonial et les technologies interactives (audio, vidéo, images animées), conçues pour fonctionner hors ligne, et dans l’approche participative qui forme des femmes à la production numérique. L’AFD continuera d’être pleinement engagée à vos côtés, avec exigence et confiance, car la région dispose du talent, de l’énergie et de la volonté nécessaires pour faire des ICC un pilier du développement durable ».

De son côté, le directeur général du CNDRS, Toiwilou Mze Hamadi, a salué la vision forte du projet : « Ce projet porte en lui une vision nécessaire : celle d’un avenir où nos jeunes femmes deviennent à la fois créatrices, innovatrices et gardiennes éclairées de notre patrimoine culturel. Aux Comores, les savoirs transmis de génération en génération, chants, contes, pratiques artisanales, connaissances médicinales, constituent l’âme vivante de notre identité. Pourtant, ces richesses sont aujourd’hui fragilisées par les transformations rapides de notre société et par leur insuffisante documentation ».

Nassuf Ben Amad

 


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