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des Comores

« Le Twarab est un patrimoine qui doit évoluer tout en gardant son côté élitiste »

« Le Twarab est un patrimoine qui doit évoluer tout en gardant son côté élitiste » © : HZK-LGDC

Très célèbre par sa voix charismatique, Said Ahamada connu sous le pseudonyme de Peta Ahamada, figure emblématique de l'orchestre Sambeco s’est exprimé sur la modernisation du Twarab. Selon lui, le Twarab est un patrimoine qui doit évoluer tout en gardant son côté élitiste.


Même en France, Peta Ahamada s'intéresse toujours à la musique et suit son évolution dans le pays. Mais cet artiste de Mitsamiouli, chanteur et compositeur de Twarab apporte surtout des critiques sur la composition musicale basée sur le Twarab ancien et contemporain. « Déjà le Twarab ne fait pas partie de la culture musicale du pays. Pour nous on a le Zifafa, Sereboilolo, Débat, Chigoma et autres. Mais on a introduit le Twarab dans notre culture. Sauf que nos anciens le composaient avec beaucoup de justesse et avec de talents », soutient l'artiste lors d'une interview avec Hayba Fm. Lorsqu'on fait de la musique dit-il, il faut comprendre que les musiciens ou compositeurs peuvent tuer ou propulser le talent d'un chanteur. « Pour chanter il faut suivre les notes. Comme quoi il faut monter la voix en note de DO, la descendre en notre de MI. C'est pour dire qu'on peut naître avec le don de la voix. Or c'est rare d'être né avec le don de jouer avec le clavier ou la guitare. Il faut apprendre. Donc beaucoup de chanteurs comoriens ont une très belle voix mais chantent mal car ils ne suivent pas les notes », précise-t-il.

Depuis quelques temps, les artistes comoriens apportent un nouveau style musical, sur la composition et rythme du Twarab dans le but de lui donner un goût nouveau. C'est cette nouvelle posture accordée au Twarab qui modifie un peu la valeur et la beauté de ce dernier  selon le chanteur principal du groupe Sambeco. « Lorsqu'on dit Twarab, c'est-à-dire latsa kitchoi. Le corps bouge ou danse au rythme des sons produits par les instruments utilisés.  Donc il faut surtout être fidèle à la création ou la composition de ce genre musical. Sur ce point je rebondis sur le Twarab féminin. En fait ce n'est pas du Twarab. C'est plutôt du Mgodro. Le Twarab n'admet pas un style rapide. Il faut ralentir le style. Laisser aux auditeurs le temps d'apprécier les répercussions et tout », dit-il.

Pour l'artiste compositeur des grands titres "Mtrulivu" et "Niyenchi", le Twarab n'a pas perdu uniquement son côté sonore mais également son aspect poétique. « Pour évoquer les thèmes d'amour, de malheur ou de trahison, l'artiste se voulait encore un poète. On dissimule la réalité à travers des figures de style. C'est le cas de notre maître Mmadi Hassani, dans Legueni, Salim Nassor dans vedette et autres chantres », montre-t-il, pour regretter la verve que prouvent les artistes modernes pour dire directement les choses devant les micros. Pour l'artiste de Mitsamiouli, il ne s'agit pas de l'art. Dans son intervention, Peta Ahamada ne se montre pas contre la modernisation de la musique, sauf qu'il défend que le Twarab est un patrimoine qui doit évoluer tout en gardant son côté élitiste.

Kamal Gamal

 


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