On ne sait plus si l'on doit rire ou en pleurer, tellement l'histoire est rocambolesque. Pour la énième fois, des athlètes comoriens prennent la fuite en France, particulièrement à l'île de la Réunion.
Le ridicule ne tue pas. La fuite de nos athlètes à l'île de la Réunion n'est malheureusement pas une surprise. Et à entendre les conversations « tout est permis pour échapper à la misère comorienne » quitte à hypothéquer l'avenir d’une génération entière. L'essentiel aux Comores c'est sauver sa propre personne, l'intérêt général c'est à l'Etat de s'en occuper. On a l'habitude d'entendre ici et là de certains compatriotes. Aucune limite n'est infranchissable pour atteindre le graal (France) quitte à violer tous les engagements pris au préalable. En effet, avant de s'envoler pour l'île de Bourbon, les joueurs et leurs dirigeants ont pris des engagements auprès du gouvernement via le ministère de tutelle comme quoi ils allaient rentrer après la fin de la compétition. Malheureusement c'était un subterfuge pour avoir le visa et mettre en application ce qui semble être un coup bien préparé. Selon des témoins sur place, « certains joueurs ont fui dès leurs descente d'avion ». Des gens, sûrement leurs proches les attendaient déjà à Roland Garros (aéroport, Saint-Denis), une façon de dire que c'est un coup très bien affiné.
Une hypothèse corroborée par le timing et le déroulé des événements qui laissent certains perplexes et songeurs sur la réalité, qui semble dépasser l'action de la fuite elle même. Rencontré au stade Ajao, le temple des débats animés, Mohamed Soilih un citoyen engagé parle « d'une action anecdotique ». Le fond du problème selon lui n'est pas la fuite. « Comment les autorités ont pu laisser partir une délégation aussi nombreuse tout en sachant qu'elle était déjà en retard par rapport à l'ouverture de la compétition » se demande-t-il, une façon pour lui de pointer la responsabilité de l'Etat qui ne doit pas s'abriter derrière « une condamnation de façade ».
Dès le départ en effet, la crainte d'une fuite planait sur le déplacement de ces handballeurs pour la ligue des champions de l'Océan indien. Dès craintes qui ont conduit les ministres de l'intérieur et celui de la jeunesse et sports à réunir une cellule de crise avec les responsables de ces clubs (Uhuru, Rafale, Kazampasani) pour leur faire signer les fameux engagements moraux. Malgré les précautions prises, cela n'a pas empêché cette évasion digne d'un film hollywoodien. Si complicité il y 'en pas, quelle sera la réponse du gouvernement, cherchera-t-il à les faire revenir pour envoyer un message de fermeté et servir d'exemple pour tout ceux qui seraient tenter de refaire un coup pareil. Quel sera le sort des trois (dirigeants et arbitre) qui ont préféré rentrer tout en sachant qu'ils avaient pris des engagements de faire revenir la délégation dans son entier.
Au niveau de la chancellerie (ambassade de France), c'est silence radio. En tout cas c'est un véritable camouflet fois pour le ministre Djaafar Salim Allaoui qui a pesé de tout son poids pour obtenir les 76 visas de la délégation. C'est aussi un message négatif envoyé à l'endroit de l'ambassade de France. Cette évasion aura-t-elle des conséquences directes sur la politique d'octroi de visa de la chancellerie française ?
AS Badraoui
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC