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des Comores

Troisième Mercredi du CNDRS du mois Ramadan / Origines et fondements des quatre principales écoles de l’Islam sunnite

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Troisième Mercredi du CNDRS du mois Ramadan / Origines et fondements des quatre principales écoles de l’Islam sunnite

Dr Abdoulhakim Mohamed Chakir et Dr Saïd Abdallah, deux enseignants chercheurs à l’Université des Comores étaient en conférence au Centre national de documentation et de recherche scientifique. Ce 3eme rendez vous du CNDRS du mois de Ramadan 2017 a été placé sous le thème « Origines et fondements des quatre principales écoles de l’Islam Sunnite : le Hanafisme, le Hambalisme, le Malikisme et le Chafiisme ».


Al-Imam Abû Hanîfa Annu‘mân (80-150 AH), après l’émigration du prophète, est le fondateur de la 1ere « école Hanafite ». Cette école est apparue en Irak, à Kufa avant d’être  répandue à Bagdad. « Elle a adopté les méthodes de son fondateur et celles des maîtres de cette école après lui comme Abû Yûsuf et Abû El Hassan », explique Dr Saïd Abdallah, enseignant chercheur de l’Université des Comores qui animait la 3eme conférence avec Dr Abdoulhakim Mohamed Chakir.

Ce dernier avance que les fondements  de cette école comprennent, en plus du Coran et de la Sunna, la coutume et les paroles des compagnons du Prophète. « Cette école est caractérisée surtout par l’utilisation de la raison et de l’opinion. Elle est considérée comme l’école la plus libérale car le contexte de son apparition est lié à une société très complexe avec beaucoup de nouveaux besoins », ajoute-t-il. L’école Hanafite est répandue de nos jours en Afghanistan, en Inde, en Turquie, en Iran, en Syrie, en Russie et en Chine.

Quant à l’école Malékite, les conférenciers parlent de Mâlik Ibn Anas (93-179 A.H) qui l’a  fondée. Apparue à Médine, cette école met l’accent sur l’avis des compagnons du prophète et sur la pratique des médinois. Elle donne aussi une place importante aux coutumes de la société « s’ils ne contredisent pas la loi divine ainsi qu’à l’établissement des normes juridiques à partir de l'intérêt général de la société », rappelle Dr Abdoulhakim. 

L’imam Mâlik était réputé pour sa narration du Hadîth. Il est considéré comme l’un des meilleurs en la matière. La plupart des disciples de l’Imâm Mâlik sont partis en Afrique du nord et en Espagne. Cette école s’est répandue en Andalousie, au Maghreb, en Afrique subsaharienne, aux Emirats, au Koweït, à Bahreïn, au Soudan et au Khurâsân.

Pour la 3eme école, fondement du principe des 4 écoles de l’Islam Sunnite, il s’agit de « l’école Shâfi‘ite ». « Elle a été fondée par Muhammad Ibn Idriss Ash-shâfi‘î (150-204 A.H) qui a vécu à la Mecque, puis en Iraq avant de s’installer en Egypte », explique Dr Saïd Abdallah. Pour lui, cette école avait appris le fiqh (selon l’école malékite) puis plus tard selon l’école Hanafite. Dr Abdoulhakim ajoute qu’elle s’est positionnée entre l’école hanafite qui prime l’opinion personnelle et l’école malékite qui se base essentiellement sur la sunna. Pour les Shâfi‘ite, la sunna est valorisée comme source de droit et une grande importance est donnée au consensus de toute la communauté (Ijmâ‘). Cette école s’est répandue en Egypte, au Yémen, aux Comores et dans certains pays de l’Asie comme l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande. 

L’école Hanbalite  pratiquement née du conflit qui a opposé Ibn Hanbal aux Mu'tazilites est la dernière fondée par Ahmad Ibn Hanbal (164-241 A.H). La réputation d'Ibn Hanbal s'est forgée durant ces événements au cours desquels il fut persécuté et emprisonné sans jamais se renier. L'Imâm Ibn Hanbal est considéré par un grand nombre d’ouléma (savants de la loi) comme un traditionaliste (homme de hadîth) plutôt qu’un juriste. Cette école adopte l’interprétation apparente (Zâhir) du Coran et de la sunna et rejette le raisonnement par analogie sauf dans des cas rares. Elle s’est rependu en Arabie Saoudite.

 

Ibnou M. Abdou

 

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