La Gazette

des Comores

Transports / Le Kwassa tend à remplacer dans l’illégalité l’avion et le bateau

Transports / Le Kwassa tend à remplacer dans l’illégalité l’avion et le bateau © : HZK-LGDC

Par manque de vision et d’imagination sur le secteur, les petites embarcations de fortune communément appelées Kwassa assurent la ligne inter-îles entre Anjouan, Mohéli et la Grande Comore sous le regard indifférent de l’Etat. Etudiants, autorités, hauts gradés de l’armée et des grands commerçants empruntent quotidiennement à leurs risques et périls cette voie maritime par manque de moyens de transport ou à cause du coût des billets d’avion qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses. « L’Etat comorien en faillite d’idées et de stratégie sur le secteur du transport. Aucune compagnie aérienne nationale, ni de compagnie maritime à capitaux publics » explique Maitre Sadre rencontré au port de Daudin sur le chemin du retour à Mohéli par Kwassa.


De la vraie faillite d’idées. Il y a 20 ou 30 ans, on avait le navire Choungui et Air Comores, deux compagnies nationales l’une maritime et l’autre aérienne. En 2019, le pays n’a rien à proposer dans ce secteur porteur, ce qui laisse aux investisseurs privés la libre exploitation de cette liaison avec leurs moyens du bord. « Le billet d’avion est très cher (…) Pas de bateau, donc le Kwassa m’a facilité la tâche et je suis arrivé sans aucun souci » souligne un étudiant de l’Université de Patsy qui vient de débarquer au port de Daudin. Force est de rappeler que la mort d’un officier de l’armée nationale le mois dernier par voie de Kwassa n’a interpellé aucune autorité.

 

En un mot, cette voie illégale est devenue légale avec toutes les magouilles que ce trafic engendre, sous le regard de la police nationale, de la garde côte et de la mairie de Mutsamudu toujours présents au port de Daudin pour superviser les allers et retours des passagers. Pour mieux comprendre le système, on indique que les officiers de l’ANAM (agence nationale de la navigation maritime) ont refusé de réagir sans le consentement de la hiérarchie. Le Directeur nationale de la police Abdoulkarim Mahamoud n’a pas souhaité commenter ce sujet à son tour. Y-a-t-il anguille sous roche ?

 

NJ

 


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