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des Comores

Pandora papers : Ce que révèle l’enquête sur le conseiller d’Azali

Pandora papers : Ce que révèle l’enquête sur le conseiller d’Azali © : HZK-LGDC

L’enquête collaborative du consortium international des journalistes d’investigation révèle que Nour-El-Fath Azali détient une société offshore à Dubaï. « Je n’ai ni blanchi de l’argent ni fait de l’évasion fiscale », assure le concerné.


Si l’affaire fait du bruit, d’aucuns sont tentés de dire : beaucoup de bruit pour rien. Le nom du conseiller privé du chef de l’État comorien, Nour-El-Fath Azali est cité dans l’affaire dite de « Pandora papers », du nom de l’enquête menée par 600 journalistes du monde entier qui ont passé au peigne fin près de 11 millions de documents confidentiels faisant état d’évasion fiscale. L’enquête menée par le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) en collaboration avec des cabinets d’avocats révèle en effet que Nour-El-Fath Azali détient une société offshore à Dubaï, nommée Olifants Ltd, « par le biais de SFM en 2018 avec son ami, partenaire et avocat d’affaires Afif Mshangama ».

 

« J’ai créé cette société Olifants Ltd car je voulais travailler pour moi. C’est une société de conseil, d’audit, d’investissement et divers », confie le concerné interrogé par ICIJ. Quant à Afif Mshangama, « c’est un partenaire ». « Si je créais une société de conseil, j’allais avoir des aspects juridiques. Nous sommes associés et amis », poursuit ce détenteur d’un master of business (MBA) en finance internationale à la Bradies University de Massachusetts, aux États-Unis, assurant au passage qu’avant d’entrer dans l’arène politique en devenant conseiller du chef de l’État qui n’est autre que son père, il voulait « faire du business ».

 

Pour autant, il garantit que la société n’a enregistré aucune activité depuis sa création, note l’enquêtrice. D’ailleurs, il affirme l’avoir « fermée en 2019 » avant même qu’il soit nommé conseiller spécial auprès de son père. « J’ai commencé à recevoir des mails pour le renouvellement et j’ai demandé la fermeture ». Pourtant, selon une facture qui date du 18 février 2019 déterrée par ICIJ, jusqu’à mars 2020, Olifant Ltd était toujours active. Pour Nour-El-Fath Azali, cela s’explique par « une histoire de démarches ».

 

Si Pandora papers fait une onde de choc dans le monde entier du fait que plusieurs personnalités notamment africaines sont accusées d’avoir dissimulé leur fortune derrière des sociétés-écrans anonymes à des fins d’évasion fiscale, aux Comores le nom du fils ainé du chef de l’État, seule personnalité comorienne citée, n’a pas été associé à une évasion fiscale ou à une autre affaire de cette envergure. L’accueil particulier réservé à Pandora papers par l’opinion nationale peut s’expliquer par le fait que c’est sous le même régime que l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi est placé en détention provisoire depuis plus de trois ans pour « détournement de deniers publics » entre autres, dans une affaire de vente de passeports comoriens à des apatrides aux Émirats.

 

« La loi comorienne n’interdit pas la création de société offshore. Je n’ai ni blanchi de l’argent ni fait de l’évasion fiscale. Ce n’est pas parce que je suis le fils d’Azali Assoumani que je ne peux pas faire du business. Si j’ai été cité par le Consortium des Journalistes, c’est parce que je suis le conseiller privé du président de l’Union des Comores », s’est défendu Nour-El-Fath Azali, interrogé par nos confrères de Mayotte la 1ère.

 

Andjouza Abouheir

 


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