La Gazette

des Comores

Pêche au large de Hatsindzi : Le poisson cœlacanthe pêché au large de Hantsindzi ?

Pêche au large de Hatsindzi : Le poisson cœlacanthe pêché au large de Hantsindzi ? © : HZK-LGDC

La nouvelle avait ému plus d’un car le cœlacanthe est une espèce protégée pour éviter son extinction. Chez les spécialistes du monde halieutique, les avis divergent encore. Rappelons que le cœlacanthe est une espèce protégée en Union des Comores.


Lundi dernier, un pécheur du village de Hantsindzi est revenu de la mer avec un poisson géant de couleur verte. La vidéo postée sur le réseau social Facebook est partagée des centaines de fois. Beaucoup d’internautes sont ceux qui croyaient qu’il s’agissait bien du gombessa, appelé autrement cœlacanthe, un poisson rare et protégé en Union des Comores. Contacté par nos soins, le directeur général adjoint de la direction nationale de la pêche dit avoir eu vent de l’information sur le réseau social comme l’ensemble des autorités.

 

« S’il s’avère que c’est un cœlacanthe alors là on sera choqué, surpris même car la localité de Hantsindzi est parmi ces localités avec lesquelles on travaille sur la cogestion et la protection des richesses maritimes. Et cela pourrait remettre en cause tout le travail qu’on fait », explique prudent Youssouf Ali. Contacté, Moustarchid Ben Soudjay, expert halieutique du projet SWIOfish1 et chercheur dans le domaine de la pêche à l'INRAPE, s’appuie sur des critères d’« apparence » pour dire qu’ « il ne s’agit pas d’un cœlacanthe ».

 

Selon lui, le poisson en question est un poisson rare mais qui n’est pas le cœlacanthe. « Les deux présentent un point commun qui est la rareté mais le poisson repêché à Hantsindzi est vert. Après l'observation des images vidéo, même si celles-ci sont floues, il est fort probable que c'est une espèce de poissons marins démersale de la famille des scaridae (poisson perroquet à bosse), sa taille pouvant atteindre jusqu'à 130 cm de long », explique-t-il.

 

Notre interlocuteur fait savoir que cette espèce fréquente les eaux tropicales de l'océan indien surtout au niveau des platiers externes du récif, exactement même dans la zone de pêche ou le pécheur en question a capturé l’animal. « Il est important de savoir que le moyen d'embarcation utilisé par le pêcheur en question est une pirogue, une embarcation spécialisée pour la pêche traditionnelle au niveau du platier récifal, le lieu propice où niche le poisson perroquet à bosse », fait-il remarquer.

 

Selon ce chercheur, l'espèce en question est considéré comme vulnérable par l'IUCN (Union internationale pour la protection de la Nature). « Sa présence dans les eaux de Hantsindzi surtout au niveau du platier  peut être expliqué par la mise en place des Accords de cogestion dans la zone mais également l'instauration du repos biologique pour assurer la bonne gestion des ressources marines au niveau de la côte. Il est également important de souligner que le récif frangeant de Hantsindzi est bien développé avec la présence des coraux en bonne santé et des micros habitats propices au développement des espèces comme le Bolbometopen muricatum ».

 

Le préfet de la région de Mbwankou soutient la thèse avancée par M. Ben Soudjay. Selon le responsable, il s’agit d’un poisson rare mais qui n’est pas le cœlacanthe. « On peut dire qu’il y a eu confusion. Après être allé vérifier, j’ai confirmé qu’il ne s’agissait pas de ce à quoi on faisait allusion. Les gens l’ont consommé. Et je vous assure que si ça avait été un cœlacanthe nous allions prendre des mesures drastiques vis-à-vis de ceux qui l’ont repêché », assure le préfet.

Rappelons que le gombessa est parmi les espèces protégées par l’arrêté N°01/031/MPE/CAB du 14 mai 2001 portant protection des espèces de faune et flore sauvages des Comores.

 

A.O Yazid

 


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