La Gazette

des Comores

Ouverture d’une enquête après la mort « naturelle » du prisonnier Soulé

Ouverture d’une enquête après la mort « naturelle » du prisonnier Soulé © : HZK-LGDC

Suite à la mort « naturelle » du prisonnier Ibrahim Mhadjou, alias Soulé, à la maison d'arrêt de Moroni mardi 24 novembre dernier, le procureur de la République a annoncé devant la presse l’ouverture d’une enquête.


Devant la presse ce mercredi 25 novembre, le procureur de Moroni est revenu sur les circonstances de la mort d'Ibrahim Mhadjou, un ancien gendarme qui était détenu à la maison d’arrêt de Moroni pour une affaire d’agression sexuelle. Déclaré mort le mardi 24 novembre dernier, cet homme âgé d'une quarantaine d’année est mort naturellement selon le parquetier qui affirme avoir insisté pour voir le corps afin de lever tout mystère. « C'était à 14 h 37 que j'ai appris la mauvaise nouvelle. J'ai ensuite alerté les autorités concernées comme le veut la procédure. Après l'examen préliminaire du corps effectué par un médecin, il en est ressorti qu’il est mort naturellement ». Connu de la Maison d’arrêt de Moroni où il n’était pas à son premier séjour, le regretté était incarcéré, cette fois, pour un délit d'agression sexuelle. Il a été jugé pendant les audiences spécialisées d'agression sexuelle du mois d’août dernier, à l’issue desquelles il a écopé 5 ans de prison ferme.

 

D'après nos informations, ce père de famille faisait partie des prisonniers qui voulaient prendre la fuite le soir du 15 novembre dernier, pendant la rencontre Comores-Kenya dans la capitale, Moroni. Mal lui en pris, il a été appréhendé par les forces de l'ordre, avec 12 autres codétenus qui sont depuis enfermés dans une cellule isolée. Selon toujours des sources concordantes, ils auraient été violements tabassés par les hommes en treillis. Une pratique très courante et qui reste hélas impunie.

 

Selon les témoignages, il est tombé malade, pris de convulsions. Les alertes de ses codétenus n’ont pas convaincu les pénitenciers, insensibles à la souffrance de la population carcérale en général. Mais toutes ces informations qui corroborent parfaitement les conditions de détention dans les prisons du pays, sont balayées d’un revers de la main par le procureur de la République, pour qui Ibrahim Mhadjou est passé de la vie à trépas à cause d’une vulgaire maladie de la peau. Une enquête est ouverte pour plus d’éclaircissements.

 

Andjouza Abouheir

 


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