La Gazette

des Comores

Oubeid Mchangama a échappé de justesse à un lynchage collectif 

Oubeid Mchangama a échappé de justesse à un lynchage collectif  © : HZK-LGDC

Le journaliste de RCM13 et de Fcbk Fm, Oubeidillah Mchangama, a été la cible d’un lynchage collectif dimanche dernier. Il accuse le B52, un groupuscule proche du ministre de l’intérieur, d’en être l’auteur. Il a porté plainte contre le DAF du ministère de l’intérieur qu’il soupçonne d’avoir commandité l’opération. 


Animateur principal de la page très suivie Fcbk FM, Oubeidillah Mchangama avait « osé » s’interroger si le ministre de l’intérieur n’était pas impliqué dans l’affaire des faux billets saisis la semaine dernière. Mal lui en a pris, ses questions lui ont valu une tentative de lynchage dimanche matin, soit 24h après que le ministre de l’intérieur ait annoncé que ses hommes voulaient s’en prendre à ses « détracteurs » mais qu’il les en avait dissuadés.

 

Ce dimanche-là Oubeid a vu trois hommes venir en lui alors qu’il cherchait un taxi à Itsandra pour rentrer à Moroni. « Notre chef nous a demandé de lui apporter ta tête », se souvient Oubeid qui réussira à prendre la poudre d’escampette alors qu’il devait sortir ses chaussures après qu’on lui avait déjà ordonné d’élever son teeshirt. 

 

Les hommes de main ont accusé le journaliste de « salir » le nom du ministre de l’intérieur.  Oubeid a terminé sa course dans les buissons où, la voix haletante, il a dégainé son téléphone pour annoncer via Facebook Live sa mésaventure. Une façon pour celui qui a déjà été agressé par le ministre de l’intérieur, de tenter de se protéger. Il affirme dans cette vidéo avoir reconnu ses bourreaux qui appartiendraient au B52, cette même organisation dont des éléments s’en étaient déjà pris physiquement au même journaliste dans le passé. 

 

Le Syndicat national des journalistes n’est pas resté muet et regrette que le pays franchisse un tel palier, traduisant « une atmosphère délétère et une insécurité permanente des journalistes aux Comores ». « Le syndicat des journalistes comoriens condamne de telles pratiques d’intimidation et d’atteinte à l’intégrité physique d’un journaliste qui n’a fait qu’accomplir son devoir d’informer », peut-on lire dans ce communiqué publié le même jour. Oubeid soupçonne le DAF du ministère de l’intérieur d’être celui qui lui a envoyé des hommes de main. Il a porté plainte contre lui hier mardi. Le B52 nie être impliqué dans cette affaire. 

 

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