La Gazette

des Comores

Liberté de la presse / Les OSC dénoncent la détention du journaliste Oubeidillah Mchangama

Liberté de la presse / Les OSC dénoncent la détention du journaliste Oubeidillah Mchangama © : HZK-LGDC

Après les journalistes, ce sont les organisations de la société civile (OSC) qui montent au créneau pour dénoncer la détention du journaliste Oubeidillah Mchangama, placé en mandat de dépôt le 3 décembre pour « manifestation non autorisée » et « troubles à l’ordre public ».


Le mouvement en soutien au reporter de la chaine « Fcbk FM » prend de l’ampleur. Après les journalistes qui mènent le combat pour sa libération depuis ce 30 novembre, ce sont les organisations de la société civile qui rejoignent sur le pont les confrères d’Oubeidillah Mchangama. C’est dans une déclaration commune que ces organisations parmi les plus puissantes de la place ont fait part de leur « inquiétude » face à la justice qui « fait preuve de partialité dans l’interpellation et des jugements des citoyens ».

 

« Nous, collectif des organisations de la société civile comorienne, avons le regret de constater que les libertés individuelles consacrées par la constitution et les lois de la République ne sont pas respectées par les autorités publiques », devait mentionner en guise d’emblée le collectif composé de Ngo’Shawo, Jeunes Leaders pour la Paix, Jeune Chambre Internationale, MOJA, Réseau Climat Océan Indien, et Femmes Leaders pour la Paix.

 

« Nous exprimons de plus notre inquiétude sur l’attitude de la justice comorienne qui constitue le seul recours des citoyens en cas d’abus d’autorités et qui, il faut le dire, fait preuve de partialité dans l’interpellation et des jugements des citoyens », poursuit le collectif dans cette déclaration qui a rappelé les arrestations le 30 novembre de 13 femmes manifestantes, deux de leurs chauffeurs ainsi que celle du reporter Oubeid qui ne faisait que son travail d’informer.

 

Curieusement, le 3 décembre, le parquet a libéré tous les mis en cause exception faite au reporter pourtant, les chefs d’inculpation (manifestation non autorisée et troubles à l’ordre public) sont les mêmes. Pour ces motifs, les OSC regrettent « la décision du procureur du Tribunal de Moroni inculpant le journaliste Oubeidllah Mchangama qui ne faisait que son travail ». Elles appellent à cet effet les acteurs politiques « à plus de retenue et de responsabilité dans leurs actions pour préserver la paix et la quiétude sociale, afin de maintenir un environnement favorable au développement du pays ».

 

Sans doute le collectif apporte-t-il son soutien indéfectible « aux femmes qui militent sur leurs droits de manifestation et les journalistes sur leurs libertés d’expression garanties par la constitution de l’Union des Comores ».

 

Arrêté le 30 novembre alors qu’il faisait un reportage vidéo de la manifestation des femmes contre le régime, le reporter Oubeidillah Mchangama est placé en mandat de dépôt le mardi 3 décembre. Officiellement son jugement est prévu d’avoir lieu samedi prochain. Mais selon certaines informations il pourrait être présenté devant le juge ce jeudi. Pendant sa garde à vue à la gendarmerie, sa fiancée arrivée de Paris lundi dernier et avec qui il devrait se marier ce vendredi, a pu lui rendre visite. Le mariage aura bel et bien lieu quelle que soit la décision du juge.

 

TM

 


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