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La presse comorienne en deuil La journaliste Saminya Bounou nous a quitté

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La presse comorienne en deuil La journaliste Saminya Bounou nous a quitté

La journaliste Saminya Bounou n’est plus. Elle est décédée ce mardi 16 mai à Mohéli, son île natale. Le journal Al-watwan a perdu un de «ses piliers» et la presse comorienne, un défenseur des droits de l’information et du libre exercice de la profession. Le CNPA s’est incliné devant sa mémoire et a salué la « bravoure » de la journaliste.


« Nous avons perdu une femme de grande dignité. Une journaliste d’une grande rigueur professionnelle », a déclaré Ahmed Ali Amir, le directeur de la Publication du Journal Al-watwan. Il a aussi rappelé que Saminya, ex-rédactrice en chef du journal, était une « combattante de la liberté de la presse » et « militante de l’émancipation de la femme ». « Nous avons perdu une sœur à l’écoute de toutes nos doléances », a-t-il affirmé dans un message plein d’émotion.

« Saminya est l’un des piliers d’Al-watwan. Elle a évolué et gravi les échelons passant de journaliste à chef de rubrique société, jusqu’à être la rédactrice en chef. Son absence durant ces mois s’est faite ressentir », a confié Mohamed Inoussa, l’actuel rédacteur en chef du quotidien d’Etat.

Le conseil National de la Presse et de l’audiovisuel a salué « la bravoure » de la journaliste « active dans tous les combats des journalistes comoriens pour le droit d’exercer librement leur profession ». « L’ont retiendra de cet engagement, son impulsion à faire entendre la voix des femmes journalistes », a souligné le CNPA dans un communiqué signé par le président intérimaire Kamal’Eddinne Saindou. Saminya a d’ailleurs initié la création de l’Association des Femmes comoriennes de la Presse qu’elle a dirigée durant deux ans. 

La journaliste Faiza Soulé Youssouf qu’on a rencontré dans la matinée, encore sous le choc, s’est rappelé des « fous rires » et des « coups de gueule épics » de celle qui était sa « source de motivation et d’encouragement permanent ». « Elle refusait que la femme se limite au minimum. Elle rêvait grand pour nous. Elle était forte, c’était une force de la nature », a-t-elle témoigné.

Les jeunes journalistes de la rédaction d’Al-watwan lui ont tous rendu un hommage hier et ont exprimé leur reconnaissance envers celle qui fût l’un de leur « mentor » dans leurs premiers pas dans la presse. Pour Abdallah Mzembaba, journaliste, Saminya était une « source », une « bouée » qui n’a jamais hésité à « réprimander quand il le fallait ».

Le personnel et la rédaction d’Al-watwan ont annoncé l’organisation d’une prière vendredi à 16h, au siège du journal. Saminya Bounou, épouse de notre ancien rédacteur en chef Mohamed Hassani, a laissé derrière elle, deux enfants.

 

Al-hamdi Abdillah Hamdi

 

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