En marge de la journée internationale de la femme, les Comoriennes appellent le gouvernement à les soutenir pour mieux s’imposer. Une requête que Hadjira Oumouri, députée à l’assemblée nationale, défend becs et ongles.
Les Comoriennes, en cette journée de la femme, lancent un cri pressant à l'endroit des autorités du pays; toutes souhaitent du gouvernement qu'il soutienne leur cause en les aidant à s'imposer davantage. Hadjira Oumouri, la seule femme députée de l’Assemblée Nationale, estime qu’il est temps que les femmes s’imposent tant dans le milieu politique que dans les instances de prise de décision du pays. « La femme comorienne fait tout aujourd’hui et elle se trouve partout. Malgré tout cela, elle est toujours perçue comme un être faible. Il est temps qu’elle s’impose et mette de côté ses faiblesses », déclare-t-elle.
Pour ce qui est des prises de décisions, la députée déplore l'absence des Comoriennes. A titre d’exemple, elle cite une à une les sociétés d’Etat, toutes dirigées par des hommes. Pour ce qui est des postes gouvernementaux, Hadjira Oumouri regrette que sur les 7 ministères, une femme seulement y figure. « Dans le premier gouvernement d’Azali, il n’y avait aucune femme. Dans le second, une seule femme est présente, occupant le ministère de la santé et de la promotion du genre. On n’est pas d’accord car on a les capacités pour diriger un grand ministère comme le ministère des affaires étrangères ou des finances ».
Sur le plan politique, les Comoriennes ne sont pas très représentées non plus. Il est rare de voir une femme à la tête d’un parti politique. « Les femmes contribuent beaucoup et elles ne sont pas mises en valeur. Certes il y a une faiblesse de leur part mais il faut le dire, il y a des intimidations de la part des hommes aussi», déplore Hadjira, avant d’ajouter que « chaque jour, on fête le 8 mars et rien ne change. Il est temps que le gouvernement nous apporte son soutien et que les femmes aussi s’imposent et arrachent les grands postes car ce sont elles qui doivent commencer. Il est temps de prendre le taureau par les cornes !».
Zaharia Said Ahmed, ancienne candidate aux élections présidentielles de 2010, pense elle que les textes favorisent beaucoup les femmes. Ces derniers temps, les femmes osent se présenter dans les élections et autres instances. Elle pointera toutefois du doigt leur absence dans le gouvernement actuel. « La participation de la femme est sous représentée dans l’administration publique, privée et dans les institutions malgré leurs compétences et en dépit de leur droit de participer à la gouvernance démocratique », lance-t-elle.
Cette femme politique citera deux obstacles qui résument cette situation de la femme, d’une part des entraves structurelles causées par des lois et des institutions discriminatoires qui réduisent encore leur possibilité de se porter candidate à un mandat électif. D’autre part, le manque de moyens de ces dernières qui fait que les femmes ont moins de chance que les hommes de suivre une formation, nouer des relations et bénéficier des ressources nécessaires pour devenir des dirigeantes performantes. « La femme comorienne peut mieux faire si elle a les moyens. Il est temps que le gouvernement nous apportent son soutien pour qu’on puisse construire ensemble notre Nation ».
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
