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des Comores

Le cri d'alarme du collectif des délogés de Mayotte

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Le cri d'alarme du collectif des délogés de Mayotte © : HZK-LGDC

Le collectif du soutien des délogés de Mayotte et la section de la ligue des droits de l'homme de Mayotte lancent un cri d'alarme sur les conditions de prise en charge des délogés de la place de la République à Mamoudzou. En mission de sensibilisation à Moroni depuis samedi, le collectif appelle à agir vite.


C'est un véritable SOS que lance le collectif du soutien des délogés et la section des droits de l'homme de Mayotte sur la situation des expulsés de la place de la République à Mamoudzou. Le collectif déplore les conditions « inhumaines et indignes » de la prise en charge de délogés.

 

« Des femmes et des enfants dorment sur des nattes. Des femmes enceintes vont accoucher à l’hôpital et reviennent avec leur nourrissons dormir à même le sol », regrette Mohamed Nabhane du collectif de soutien aux délogés. D'après lui ces comoriens des autres îles sœurs expulsés n'ont eu droit aux toilettes que le septième jour de leur arrivée à la place de la République. Des toilettes qui en plus, sont fermées, dit-il, à partir de 19h. « Comment ils mangent ces enfants français alors que l’État français ne verse aucun centime », s'est-il interrogé.

 

Said Mohamed Said Ibrahim condamne le fait que le préfet de Mayotte laisse faire sur les expulsions malgré le jugement du tribunal de Mamoudzou lui demandant de respecter la loi et d’arrêter les expulsions.

 

Pour rappel, dans un communiqué conjoint les ministères français de l'intérieur et de l’Outre-Mer du 17 mai dernier, « condamnent les violences commises ces derniers jours à Mayotte à l'encontre des familles, ayant par ailleurs conduit à la destruction de leurs habitations. De tels comportements n'ont pas leur place dans la République ». Ledit communiqué rappelle que « tous les individus impliqués, dont l'enquête devra établir l'identité devront rendre compte de leurs actes devant la justice ».

 

D'après le collectif et malgré ces bonnes paroles et les moyens accordés au préfet pour mettre de l'ordre (221 gendarmes et 499 policiers renforcés par 102 gendarmes mobiles), la tension reste vive.

« Nous sommes très inquiet de la situation. On a peur qu'il ait un problème de massacre », a alerté M. Nabhane.

 

En mission de sensibilisation à Moroni, le collectif qui regroupe une soixantaine d'associations comoriennes à Mayotte et des bénévoles demande à rencontrer le ministre de l'intérieur et celui de la justice et des droits humains pour leur faire part de la situation qui prévaut dans l'île comorienne sous administration française.

 

« Nous ne sommes pas ici (Moroni : ndlr) pour la politique mais plutôt pour des raisons humanitaires », tient à préciser Mohamed Nabhane.   

 

Il faut noter que cette crise entre dans sa troisième semaine et la tension est loin de retomber pendant que les expulsions massives des comoriens des autres îles se poursuivent de plus belle.

 

Maoulida Mbaé

 

 

 


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