Sous l’égide du Ministère de la Santé, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et la Fondation Nippon ont organisé une tournée aux Comores pour sensibiliser et expliquer la Lèpre à la population. Lors d’une conférence de presse au Retaj, Yohei Sasakawa, ambassadeur de bonne volonté de l’OMS pour l’élimination de la lèpre et le docteur Alexandre Tiendrebeogo ont montré, techniquement et théoriquement, les moyens de lutte contre cette maladie.
Considérée autrefois comme une malédiction divine qui poussait à l’exclusion sociale du malade, la lèpre est reconnue aujourd’hui comme une maladie parmi d’autres. Raison pour laquelle Sasakawa, à travers une mission de l’OMS et du Ministère de la Santé, a effectué une visite de trois jours aux Comores où on enregistre le plus de lépreux sur les 47 pays membres de la Région. « Les 46 autres pays ont atteint le seuil de la lutte contre la lèpre. Dans ces pays on y retrouve des cas inférieurs à 1 sur 10.000 habitants or aux Comores on enregistre entre 300 et 450 cas par an », démontre le Dr Alexandre, point focal de l’OMS pour la lèpre au bureau régional de Brazzaville.
D’après les chiffres donnés par le Dr Alex, la maladie touche entre 30 et 40% des enfants de moins de 15 ans surtout à Anjouan. Le principal objectif de cette mission est de « ramener le taux de prévalence au plus bas possible », explique le point focal. « Cette mission a pour objectif de faire le plaidoyer pour redynamiser la lutte contre la lèpre surtout à Anjouan où le niveau de la maladie est trop élevée », insiste-t-il.
Pour Sasakawa, la lèpre est une maladie guérissable raison pour laquelle la population n’a pas à s’inquiéter. Elle touche le monde entier et cela quelle que soit la classe sociale. L’objectif de cette tournée est « d’accompagner le gouvernement comorien à éradiquer ce fléau d’ici 2030 » avec une politique de sensibilisation sur un dépistage quotidien et précoce afin « d’éviter les séquelles et l’infirmité des mains et des pieds causée par celle-ci ».
« Nous avons parlé de cette prévalence qui est anormale de façon très élevée chez les enfants. Mais sur le terrain j’ai pu le voir. Ces enfants, ces malades ils en sont au premier stade de la maladie. Alors si on leur explique l’importance du traitement, ces enfants vont guérir totalement et retrouver leur santé parfaite », lance Sasakawa. « Quand on est atteint de la lèpre, il n’est pas nécessaire de se cacher, il ne faut pas se cacher. C’est un message important que nous devons passer », a-t-il insisté. Une maladie facilement traitable si le diagnostic est fait très tôt, et elle est très peu contagieuse.
Dr Said Anli Aboubacar, Directeur Général de la Santé, a expliqué que les Comores ne ménageront aucun effort pour lutter contre cette maladie. « Nous sommes en train d’établir une politique pour tacler la maladie, l’éradiquer et nous allons mettre sur papier une stratégie de lutte », a-t-il rappelé.
Pour rappel, la lèpre est une maladie infectieuse, contagieuse causée par un microbe appelé ‘’Bacille de Hansen’’ (BH). Ce microbe qui se transmet par voie respiratoire, affecte les nerfs périphériques des membres supérieurs et inférieurs ainsi que les yeux et la peau. Le principal symptôme de la lèpre reste l’apparition d’une ou plusieurs tâches hypochromes (blanches) et insensibles au niveau de la peau.
A.O Yazid
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