La Gazette

des Comores

Psychose sur le coronavirus :  L’hôpital de Hombo se vide de ses patients

Psychose sur le coronavirus :  L’hôpital de Hombo se vide de ses patients © : HZK-LGDC

L'hôpital de Hombo se voit vider de ses patients. Les consultations ont chuté de 90% selon la directrice générale du centre hospitalier régional. Rien à part la psychose liée à l’épidémie de coronavirus n'explique cette débandade.


Les malades ont peur de l’épidémie du coronavirus et déguerpissent de l’hôpital. Les urgences sont vides et calmes qu’on entendrait voler une mouche. La plupart des patients ayant déserté sont persuadés que l’épidémie de coronavirus est présente à Anjouan malgré qu’aucun cas positif ne soit jusqu’à maintenant signalé par les autorités. La psychose n’est pas totalement irrationnelle puisque plusieurs embarcations de fortune tentent de gagner l’île depuis Mayotte voisine où sévit l’épidémie. Si des passagers sont appréhendés et placés en quarantaine, et les bateaux détruits, certains ont réussi à passer entre les mailles du filet des forces de l’ordre qui surveillent les côtes.

 

Une source au sein de la direction du centre hospitalier n’est pas sans s’inquiéter du phénomène. L’hôpital qui effectuait une trentaine de consultations par jour voit ce chiffre dégringoler à trois ou deux consultations. Des patients ont peur que le virus soit introduit sur Anjouan. Des médecins tentent de rassurer qu’aucun cas n’est signalé aux Comores, en vain. Ils prêchent dans le désert. Ils s’inquiètent aussi de voir les patients présenter des complications à défaut de se faire soigner dans les milieux appropriés. C’est le cas par exemple de Dr Nomane Faycal qui appelle de tous ses vœux les patients à revenir à l’hôpital.

 

Seulement, ces derniers ne l’entendent pas de cette oreille. Nous avons réussi à entrer en contact avec l’un d’eux et sa décision est sans appel. « L'Etat n'est pas clair sur cette pandémie et je crains fort que le coronavirus ait déjà frappé à la porte (…). Soit dit en passant, les personnes qui étaient mises en quarantaine à Anjouan sont tous autorisées à rentrer chez eux. Elles étaient essentiellement arrivées de Mayotte.


Nabil Jaffar

 


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