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Coronavirus / Des mesures en deçà des attentes

Coronavirus / Des mesures en deçà des attentes © : HZK-LGDC

Maintenir les frontières ouvertes avec une prétendue mise en quarantaine des passagers venus de pays à risque alors que le pays ne dispose pas de moyens conséquents, interdire les festivités de mariages et maintenir les cours à l’université, les prières collectives notamment celle du vendredi, le chef de l’Etat Azali Assoumani n’a fait que prendre des meurettes.


La montagne a accouché d’une souris. Les mesures tant attendues du gouvernement pour empêcher la pandémie de coronavirus de franchir nos frontières sont loin d’être rassurantes. Dans son adresse à la nation dans l’après-midi d’hier lundi, le président de la République a suspendu les festivités liées aux mariages, limité à 20 personnes les invités aux cérémonies de conclusion de mariages, interdit jusqu’à nouvel ordre les rassemblements tels les campagnes électorales, les concerts les animations et autres fêtes. Parmi ces mesures, la restriction des funérailles qui sont « strictement » réservées aux membres de la famille et « aux habitants des villages concernés », auquel cas, des milliers de personnes peuvent se regrouper pour rendre un dernier à leur proche.

 

« Combattre le virus ne consiste pas à laisser la peur s’installer ou se répandre. Nous avons eu les prémisses du chao que pourrait créer une panique en la circonstance, lorsque la rumeur a annoncé un cas suspect la semaine dernière », déclare le chef de l’État, parlant d’un patient suspecté du coronavirus et refoulé de l’hôpital de Samba Kouni, dans les hauteurs de la capitale, par un groupuscule de jeunes qui craignaient la contagion. « C’est l’action et le comportement de toutes et tous, ensemble, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, en tant que citoyennes et citoyens, qui constituent la vraie et la meilleure protection », devait-il dire.

 

Azali n’a pas suspendu les cours aux lycées ou à l’université où des milliers d’élèves et étudiants se retrouvent chaque jour. Les prières collectives de vendredi qui regroupent des milliers de fidèles sont également dispensées d’interdiction. Quant aux frontières maintenues ouvertes malgré les retentissants cris d’alarme, le chef de l’État estime qu’« aucun pays ne peut survivre en se repliant sur lui-même ou en fermant ses frontières ». Se voulant rassurant, il réitère le renforcement des mesures de quarantaine « pour tous les voyageurs en provenance des pays touchés par la pandémie  et considérés comme pays à risques ». Seulement, avec le manque patent des moyens financiers et logistiques, l’on se demande comment le pays va-t-il s’y prendre pour prendre en charge des centaines de passagers qui débarquent chaque semaine en provenance de la France par exemple, à moins que pour le gouvernement ce n’est pas un pays à risque.

 

Andjouza Abouheir

 

 

 

 

 


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