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Lutte contre la corruption « En 5 ans, la commission anti-corruption a apporté la preuve de son inefficacité »

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Lutte contre la corruption « En 5 ans, la commission anti-corruption a apporté la preuve de son inefficacité » © : HZK-LGDC

Le gouvernement comorien avec l’appui de l’Union Européenne a engagé un expert pour consolider la stratégie d’intervention avec une définition des structures et des mécanismes efficaces pour la lutte contre la corruption. Une décision qui intervient après la dissolution de la Commission Nationale de Prévention et de Luette contre la Corruption en 2016. On se dirige donc vers une autre structure parce que « en 5 ans, la commission anti-corruption a apporté la preuve de son inefficacité » estime le ministère de la justice.


En 2016, le chef de l’Etat a décidé de mettre un terme aux missions de la Commission Nationale de Prévention et de Lutte contre la Corruption. Mais avec l’appui de l’Union Européenne, le gouvernement comorien veut renforcer sa stratégie nationale de prévention en se dotant d’un plan d’action de lutte contre la corruption.

« Le président a décidé de dissoudre la commission nationale de lutte contre la corruption et c’est son choix. A partir du moment où il y a un vide institutionnel, il faut le combler. C’est la raison pour laquelle avant de proposer quelque chose, il faut d’abord faire un audit exhaustif de ce qu’il s’est passé. Savoir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché et apporter les corrections nécessaires », déclare Bakari Idjabou, conseiller politique chargé de la coopération au ministère de la justice. Selon ce conseiller, le pays ne peut pas se passer d’une structure qui lutte contre la corruption, qui est avant tout un phénomène mondial.

La commission nationale de lutte contre la corruption a été mise en place en 2011 sous le régime Ikililou. Mais depuis, peu de dossiers ont été traités à la justice. Un constat qui a poussé le conseiller politique du ministère de la justice à parler d’inefficacité. « En 5 ans d’existence, la commission a apporté la preuve de son inefficacité. On ne peut pas dire que dans un pays comme les Comores où la corruption est généralisée, peu de dossiers ont été traités par la justice ou bien transmis au parquet de la République », dit-il, avant d’ajouter « est-ce que les anciens membres de la commission peuvent nous dire quels étaient les problèmes », se demande-t-il.

Dans une perspective de relance de la machine, le gouvernement comorien avec l’appui de l’Union Européenne a engagé un expert afin d’effectuer un diagnostic de la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et du plan d’action de lutte contre la corruption, adopté en 2012. Il a comme objectif d’élaborer un projet de plan d’action gouvernemental avec des outils techniques et méthodologiques pour sa mise en œuvre et proposer les activités à mettre en œuvre. « L’objectif de cet atelier est de savoir quels étaient leurs problèmes et pourquoi ça n’a pas marché parce que c’est un constat. Maintenant on fait quoi ? On arrête ou on continue », avance Bakari Idjabou.

Ce dernier aimerait que les comoriens s’approprient cette mission et apportent analyses et expertises. « On prend acte de la décision du président et maintenant, il s’agit d’apporter quelque chose. Il faut trouver une structure qui sera efficace et répondra point par point aux ententes des comoriens et de l’Etat », dit-il. La mission va entamer ensuite des rencontres avec toutes les instances impliquées dans la lutte contre la corruption, les sensibiliser à collaborer et faire des propositions concrètes.

 

Mohamed Youssouf


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