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des Comores

Le coup d’Etat 13 mai 1978 Un coup de frein à la révolution soilihiste

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Le coup d’Etat 13 mai 1978 Un coup de frein à la révolution soilihiste

Le 13 mai 1978, Ali Soilih sera renversé par le mercenaire Bob Denard presque deux ans après avoir accédé lui aussi au pouvoir par un coup d'État. Par ce coup de force, le barbouze français avec l'aide de certains comoriens vont mettre un coup de frein à la révolution soilihiste.


Le samedi 13 mai fait 39 ans, jour pour jour, depuis que le mercenaire Bob Denard a renversé le régime d'Ali Soilih, mettant un coup de frein à la révolution enclenchée par ce jeune agronome dont rien ne l’avait prédestiné à ce poste. Arrivé à la tête de l'État par un coup d'État un certain 3 août 1975, tout juste un mois après la déclaration unilatérale de l'indépendance par Ahmed Abdallah Abderemane.

« La jeunesse comorienne fait que le coup d'État du 3 août 1975 n'avait nullement visé l'élimination de qui que ce soit ni aucune catégorie de la nation. Il s'agissait d'asseoir les assises  révolutionnaires  et les mécanismes révolutionnaires qui comptent aller de paire et soutenir une déclaration d'indépendance de type révolutionnaire », a assuré Ali Soilih, s'adressant à la jeunesse, quelques semaines après avoir pris les rênes du pays.

L'ancien ministre Salim Hadji Himidi se rappelle en ce 3 août 1975 quand l'agronome avec une poignée de ses partisans d'après-lui vont aller s'emparer de la caserne de la garde territoriale avec trois à quatre fusées de chasse. « Disons qu'il avait déjà établi son scénario et il jouissait d'une sorte de complicité au sein des chefs de la garde territoriale. L’événement s'est déroulé au lendemain de la déclaration unilatérale d'indépendance. Ce qui l’a mis dans une position de porte à faux vis-à-vis des autorités français. Des autorités français qui ont été mal placées pour intervenir bien qu'elles avaient sur place un contingent de légionnaires et de gendarmes qui ont été jusque là sous les directives des autorités françaises », a-t-il témoigné.

Cet ancien chef de la diplomatie laisse entendre qu’il avait d'une certaine manière bien préparé sur le plan psychologique ses partisans et la population comorienne à cet événement et qu'il a bénéficié des conditions favorables liées au fait d'une rupture de relation formelle entre le président Abdallah  et les autorités françaises et une complicité certaine de la garde territoriale.

Ali Soilih a-t-il profité d'une situation qui lui a été favorable ? Jean-Pierre Bat dans un long article publié dans le journal le Monde du 13 septembre 2015, rapporte que la déclaration unilatérale de l'indépendance a été perçue par L’Élysée comme un affront. « C’est dans ce contexte tendu entre Paris et Moroni qu’Ali Soilih renverse Ahmed Abdallah, qui fuit la capitale Moroni (sur l’île de Grande Comore) pour regagner son fief sur l’île d’Anjouan. Nul doute qu’à cette date, Abdallah n’est pas dans les petits papiers de Paris. Aussi Ali Soilih comprend qu’il doit en profiter pour réduire sans attendre toute capacité de résistance de son adversaire reclus à Anjouan », lit-on dans cet article. Il faut noter que des discussions sont régulièrement menées au sein de la famille soilihiste sur la commémoration de la date de son arrestation ou celle qu'il a été froidement assassiné.

 

Maoulida Mbaé

 

 

   

 

               

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