La Gazette

des Comores

Crise post-électorale / Campagnard à la tête du Conseil National de Transition (CNT)

Crise post-électorale / Campagnard à la tête du Conseil National de Transition (CNT) © : HZK-LGDC

C’est à son domicile de Hamramba que le colonel Soilihi Mohamed alias Campagnard s’est adressé aux comoriens en tant que président d’un Conseil National de Transition mis en place la veille. Une déclaration qui a duré six minutes au cours de laquelle, le candidat aux élections anticipées du 24 mars 2019 dernier appelle à la résistance du peuple comorien. Considérant la transition comme une nécessité afin de sauver le peuple comorien, de sortir l’archipel des mains « des tyrans » et de « faire triompher la souveraineté ».


Plus de 48 heures après la proclamation des résultats provisoires pour le scrutin du 24 mars 2019 par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), les douze 12 candidats de l’opposition ont mis en place un Conseil National de Transition (CNT) avec à sa tête, le Colonel Soilihi Mohamed alias Campagnard, candidat aux dites élections. Dans sa déclaration à la Nation faite hier jeudi en fin de matinée, l’ancien chef d’état-major de l’armée a tenu à rappeler que les missions du conseil étaient de « régler la crise post-électorale, d’assurer une transition pacifique, de préserver la paix, la stabilité ainsi que la cohésion nationale dans notre pays ».

Précisant que la présence des 12 candidats à ces élections était faite « en âme et conscience » de chacun, dans l’espoir de faire « triompher la souveraineté du peuple comorien », le président du conseil a laissé entendre que celle-ci n’a pas été le cas. « Peuple comorien, le 24 mars 2019, la démocratie dans notre pays a été piétinée et notre dignité d’Hommes libres a été bafouée par des individus sans conscience, sans cœur, sans âme, sans foi ni loi », dit-il. 

Pour Soilihi Mohamed, « l’heure est grave ». Ce dernier rappelle au peuple comorien que la « dictature » a décidé de lui priver sa souveraineté de « choisir librement ceux qui devraient » leur gouverner. « Peuple Comorien, un clan tyrannique s’est emparé de notre jeune Nation et a décidé de nous piller et de nous saigner sans aucun état d’âme », souligne-t-il avant d’appeler le peuple à « garder espoir, à se lever et à montrer au monde entier que le pays leur appartient ».

« Peuple Comorien, n’ayez pas recours à la violence, nous vous sommons de préserver vos vies face à ces tyrans. […], Nous allons organiser la résistance et montrer à l’Humanité toute entière le refus du Peuple Comorien de subir à nouveau », insiste le président du CNT.   

Contestant les résultats scrutin, Soilihi Mohamed et les autres affirmaient par ailleurs que « le Gouvernement d’Azali était illégitime » et « le scrutin entaché de fraudes massives » est qualifié de « coup d’Etat électoral ». Sur ce, le colonel Soilihi fait savoir que le scrutin du 24 mars 2019 a été un échec total pour la démocratie et rappelle que ce dernier « a été une tromperie, une mascarade et une honte ». « Le scrutin du 24 mars 2019, a été marqué dans l’ensemble du territoire national, par de multiples irrégularités et incidents comme par exemple, le bourrage d’urnes, la non-délivrance des accréditations de nos assesseurs, le refus de laisser nos assesseurs d’accéder aux bureaux de vote à l’ouverture, […], les violences à l’encontre de la population, etc. », énumère-t-il.

L’ancien militaire a appelé le peuple comorien, après la date du 4 avril, à « désobéir civilement », à « cesser toute activité économique et professionnelle », à « ne procéder à aucune communication téléphonique », à « n’effectuer aucun déplacement sur l’ensemble du territoire national » pour ainsi, dit-il, « montrer au monde entier, notre refus de subir et notre résistance face à l’ignominie ». « Peuple Comorien, le devoir de résistance fait partie des règles démocratiques et l’opposition à la dictature est le devoir de tout citoyen désirant défendre l’usage de pratiques démocratiques », a martelé l’ancien militaire. Pour Soilihi Mohamed, « les hors la loi sont ceux qui imposent l’arbitraire et non ceux qui le subissent ». « La lutte pour la libération nationale commence », conclut-il.

A.O Yazid

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.