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Crise au sein du Juwa Dr Sounhadj, premier dirigeant à être sanctionné par son parti

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Crise au sein du Juwa Dr Sounhadj, premier dirigeant à être sanctionné par son parti

Dr Sounhadj Attoumane fait les frais de la crise que traverse le parti Juwa sur son devenir au sein de la majorité présidentielle. Il se verra déchu de toutes fonctions quelques jours après l’accrochage verbal par médias interposés avec le secrétaire général du parti.


Dr Sounhadj Attoumane serait la première victime collatérale de la lutte interne entre ceux qui prônent la poursuite de la coalition au pouvoir et ceux qui veulent en découdre. En voulant jouer la carte de l'équilibriste dans un parti fortement fragilisé au sortir des élections présidentielles de 2016, Dr Sounhadj fera les frais de ses propos visiblement trop critique à l’égard des récentes prises de positions des élus et de la direction du parti. Ces derniers jours, celui qui était considéré comme le protégé de l’ancien président Sambi, désormais tombé en disgrâce, a distribué les coups tout va.

Tantôt avec le ministre d'État Fahmi Said Ibrahim l'appelant à « quitter le gouvernement s'il le veut », tantôt avec le secrétaire général du parti pour son « incapacité » à gérer la période électorale. Ou encore Mahamoud Elarif qui d'après-lui « ne peut pas s’ériger en prince, et manipuler tout le monde, au gouvernorat, au conseil de l’île… ».

Une sortie médiatique qui va provoquer un tollé au sein du parti de l'ancien chef de l'État Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et qui va faire naître des accrochages verbaux d'une rare violence par médias interposés entre lui et Ibrahim Mohamed Soulé, le secrétaire général du parti.

Conséquence, le couperet ne tardera pas à tomber sur la tête de celui qui a été le dernier ministre de la santé du gouvernement Sambi. L'assemblée générale du lundi 17 avril 2017 réunissant toutes les instances du parti prononcera la sanction radicale à son encontre. Ce cardiologue converti en politique se verra retirer toutes « responsabilités » et « fonctions » au sein du parti, notamment son poste de secrétaire général adjoint et la présidence de la commission d'organisation du premier congrès national du parti.

Les instances de cette formation politique lui reprochent d’avoir tenu des propos aux « conséquences néfastes » et au caractère « calomnieux vis-à-vis des personnalités du parti ». Il lui est également interdit d' « engager publiquement le parti », bien qu'il garde la qualité de membre de Juwa, selon le communiqué publié mardi 18 avril 2017.

La réaction de l’intéressé ne se fait pas attendre, cité par un confrère Dr Sounhadj Attoumane aurait rejeté cette décision plutôt prise par les instances du parti si on se fie à ce communiqué signé par Ibrahim Mohamed Soulé secrétaire général du parti. Jugé trop proche du colonel Azali Assoumani, Dr Sounjadj serait depuis quelque temps dans la tourmente des luttes d’influence internes au Juwa, tout comme Ahmed Abdallah Said Salim actuellement conseiller du chef de l'État pour la jeunesse et sport.  

Il faut noter que le débat fait rage au sein du parti pour la poursuite ou non de l’aventure avec le régime du président Azali, lui même pris entre les feux des faucons qui veulent en découdre avec Sambi et ceux qui pensent que le moment n'est pas venu de couper le cordon ombilical. Nous  y reviendrons dans nos prochains numéros.

 

Maoulida Mbaé            

 

 

 

 

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