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Après sa révocation à la Cour constitutionnelle Antoy Abdou ne se regrette rien…

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Après sa révocation à la Cour  constitutionnelle  Antoy Abdou ne se regrette rien…

Hier jeudi, dans son résidence privée de Voidjou, Antoy Abdou, a déclaré devant la presse, qu’il ne regrette rien suite à sa révocation à la cour constitutionnelle pour avoir publié un livre révélant des graves disfonctionnements dans cette haute juridiction.


Une semaine après la décision du conseil de discipline de la cour constitutionnelle qui reproche à Antoy Abdou une violation de ses obligations liées à sa qualité de membre de la CC, cet ex-conseiller à la cour, estime que cette sanction qui lui est infligée est « légale et fondée en vertu de la loi », toutefois il la juge ridicule pour trois raisons essentielles.

Jusqu’en 2017, Antoy Abdou, après avoir été désigné par le gouverneur d’Anjouan, était conseiller à la cour constitutionnelle est depuis 2011. Il vient de sortir un livre sous le titre choc : « La cour constitutionnelle est à réformer de toute urgence ». Sa sortie semble avoir été la goutte qui aurait fait déborder le vase.

Antoy Abdou y dénonce « des défaillances, des dérapages et des dérives ». Un livre qui lui a coûté très cher puisqu’il vient de perdre sa qualité de membre de la Cour constitutionnelle pour avoir « méconnu ses obligations », selon la décision rendue le 5 mai dernier par l’institution.

L’intéressé s’est vu signifier cette décision par ses pairs qui, pour motiver cette exclusion, se sont appuyés sur l’article 13 de la loi organique n°04-001 et l’article 28 du règlement intérieur de la Cour. Il reconnait qu’il s’agit pour lui, d’une décision qui est légale et fondée en vertu de la loi organique et du règlement intérieur de la cour constitutionnelle. « Mais je trouve ridicule », lâche-t-il devant les journalistes.

Cet ex-conseiller de la CC s’étonne même que cette décision n’ait pas été prise un peu plus tôt, soit en décembre 2016. En ce moment là, « j’avais clairement averti que je ne pouvais pas siéger vu les pratiques non transparentes de l’institution », rappelle-t-il avant d’appeler le président de la république à procéder à la dissolution de la Cour constitutionnelle. « Il faut qu’elle soit dissoute le plus vite possible afin de mettre en place des gens plus compétents qui seront élus par des grands électeurs de la nation », suggère-t-il en faisant référence aux députés et conseillers des îles.

Membre fondateur du Parti pour le salut national (PSN), Antoy Abdou propose d’en finir avec le système du pouvoir archaïque. Il propose une reforme constitutionnelle « pour adopter un régime parlementaire, avec un Premier ministre, et en finir avec les vice-présidents ».

Cet ancien conseiller dénonce également « les détournements de fonds, les décisions inadmissibles sur certaines requêtes et un manque de transparence généralisé à la Cour ». «Après les élections de 2015 et de 2016, j’ai demandé qu’on nous évalue, mais mes collègues ont refusé. J’ai décidé de partir lorsque j’ai constaté que l’argent des élections servait à autre chose», a-t-il révélé. Il dit avoir écrit à l’ancien président Ikililou Dhoinine, à l’Union africaine, à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), mais aussi au président Azali dès sa prise de fonction.

 

Ibnou M. Abdou

 

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