La Gazette

des Comores

Pour une politique extérieure plus équilibrée

Pour une politique extérieure plus équilibrée © : HZK-LGDC

Le communiqué du ministère des Affaires étrangères apportant un soutien sans réserve aux dirigeants saoudiens suite à la diffusion par les autorités américaines du rapport de leur agence de renseignement et mettant en cause publiquement le prince héritier d'Arabie saoudite d'avoir "validé" l'assassinat du journaliste Jamel Khashoggi fait couler beaucoup d’encre et de salive sous les cocotiers.


On notera que les autorités saoudiennes ont «rejeté totalement les conclusions fausses et préjudiciables» du rapport des services de renseignement américains, tout en appelant de leurs vœux la poursuite d’un partenariat «solide et fort » avec Washington. Ce n’est pas la première fois que nos autorités interviennent dans cette affaire pour soutenir les versions saoudiennes parlant de cette affaire de « cuisine interne », ce qui était extrêmement fâcheux concernant une personne qui a été découpée en morceaux.

 

La politique extérieure étant un domaine réservé du chef de l’Etat, on peut se demander si le ministère des Affaires étrangères, en voulant cette fois devancer la réaction de celui-ci, n’est pas venu mettre les pieds dans le plat. Dans tous les cas, les supputations vont bon train entre les partisans de l’émergence 2030 et les opposants de tous calibres, chacun y allant de ses analyses et commentaires.

 

On a remarqué que depuis la fermeture brusque de l’ambassade du Qatar à Moroni, sans donner de précision sur ce qui avait motivé cette décision, les autorités comoriennes ne ratent pas une occasion de glorifier nos relations avec le royaume saoudien.

 

La question que se posent les observateurs sous les cocotiers, a trait à ces relations particulières. Les raisons avancées par les autorités ne semblent pas convaincantes pour l’opinion dans la mesure où le pays ne bénéficie pas de retombées particulièrement significatives à l’instar de certains pays musulmans d’Afrique sub-saharienne comme le Sénégal qui pourtant, ont toujours adopté des positions d’équilibre entre les parties en conflit.

 

Nous avons écrit, il n’y a pas si longtemps, qu’il faut comprendre que nos îles sont au centre d’enjeux qui les dépassent dans la mesure où le monde actuel est constitué de blocs et d’alliances dont on a le plus grand mal à définir les contours.

 

Le problème est quand on examine les comportements de notre classe politique, on est abasourdi tant par les déclarations contradictoires qu’elle tient, que par des comportements qui frôlent l’amateurisme, dans les alliances de hasard et autres regroupements.

 

En définitive, on en arrive à se demander si ce n’est pas la rue et les réseaux sociaux, qui dirigent les faits et gestes du microcosme et par ailleurs on a du mal à comprendre l’irrationalité qui guide nos grands hommes.

 

Aussi tout cela, demande de renouveler la manière dont nous concevons la politique. En renouvelant notre façon d’aborder les problèmes, cela nous amènera inéluctablement à soulever toutes sortes de questionnements sur cette fuite en avant qui ne dit pas son nom.

 

Dans un autre chapitre, on peut raisonnablement espérer que notre diplomatie saura, entre autres, prendre le sens de la mesure et adopter une politique équilibrée dans ses relations avec l’extérieur et notamment dans nos relations avec cette puissance qui occupe une partie du territoire national.

 

Mmagaza


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Commentaires (2)

  1. Chanfi Ahmed:
    04/03/2021 à 10:21 AM

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  2. Chanfi Ahmed:
    04/03/2021 à 10:21 AM

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