La Gazette

des Comores

Maoré : le retour des vieux démons pour un impossible divorce

Maoré : le retour des vieux démons pour un impossible divorce © : HZK-LGDC

A moins que les extrémistes présents à Maoré puissent trouver une super grue capable de déplacer l’île de là où elle est actuellement à une distance proche de l’île de la Réunion ou carrément au plus près de la France et de Navarre, rien ne peut empêcher les comoriens des autres îles d’aller déambuler dans les rue de Mamoudzou ou de manger ses brochettes de viande à Dzaoudzi-Mwana Shissiwa.


Depuis plus de 50 ans, une certaine classe mahoraise n’a jamais cessé de rabattre les oreilles de ceux et celles qui veulent entendre la vieille rengaine de « nous voulons rester français pour être libres ». Une rengaine qui a dupé plus d’un mahorais en croyant qu’il va en finir avec son lien de cousinage avec les autres îles et profiter seul de la « manne financière française ».

 

Avec l’appui de quelques réseaux obscurs, l’île a changé plusieurs fois de statuts et a usé de toutes les appellations possibles et inimaginables prévues par la Constitution française : Territoire d’Outre-Mer (TOM), Collectivité Territoriale Française (CTF), Département d’Outre-Mer (DOM). Il en reste un à conquérir c’est le POM ou Pays d’Outre-Mer pour rentrer à l’Union Africaine et la Commission de l’Océan Indien.

 

En réalité, toute cette course de fond et cette agitation fébrile n’avaient qu’un seul but, celui tout simplement de chercher à couper le cordon ombilical avec l’archipel des Comores et penser naïvement évoluer seul dans un environnement régional. Peine perdue, Maoré c’est les Comores et les Comoriens sont chez eux et personne ne peut faire tarir ce flux tendu entre les îles. N’en déplaise à certains hystériques à l’identité mahoraise incertaine comme Estelle Youssoufa et Mansour Kamardine mais rien et absolument rien ne peut faire tarir ces déplacements ancestraux.

 

Comme apparemment, cette lapalissade n’est pas encore comprise de tous, les différents Préfets affectés à Mayotte refont toujours les mêmes erreurs en croyant que renvoyer massivement par bateaux et par avion les autres comoriens, c’est la fin de l’histoire.

 

La chasse sauvage de ces dernières semaines a dépassé tout entendement ; le Préfet s’est permis d’embarquer manu-militari des centaines de personnes dans des bateaux pour venir les jeter comme des sacs de fruits à pain dans le port de Mutsamudu, ceci sans l’accord des autorités comoriennes. Il a aussi mobilisé les sociétés nautiques privées, les clubs de plongée et les croisiéristes pour surveiller les frontières de l’île et partir à la chasse « aux migrants ».

 

Une bataille perdue d’avance car rien et absolument rien ne peut empêcher un comorien lambda d’aller et venir dans son archipel. Il serait temps que les rodomontades des différents préfets cessent et que ces derniers retrouvent la raison. Ces comportements dignes du 17ème et 18ème siècle sont révolus. On ne déporte pas des humains et venir les déverser comme une marchandise dans un port commercial, comme au temps de l’esclavage. Le Gouverneur d’Anjouan Anissi Chamssidine a bien compris l’enjeu et leur a administré une leçon de chose.

 

On pourrait rappeler à monsieur le préfet, ces paroles du président Mitterrand prononcées lors de sa visite à Moroni: « …nous devons prendre les mesures qui permettront une communication et des échanges constants entre Mayotte et les autres, les autres et Mayotte. Qu’il n’y ait plus de barrières dressées, barrières théoriques, mais peu franchissables, entre tous les Comoriens que vous êtes, eux et vous. Et que la France vous aide à retrouver votre très ancienne solidarité. Il est de multiples formes d’unité, croyez-moi, et nous allons les rechercher ». C’était en 1990. 4 ans avant le tristement célèbre visa Balladur.

 

Mmagaza

 

 


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