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des Comores

Libre opinion / Alors pourquoi faut-il changer le gouvernement

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Libre opinion / Alors pourquoi faut-il changer le gouvernement

Qu’y a-t-il pour que le coach prenne la décision de changer l’équipe. Les citoyens ont le droit de savoir ce qui n’allait pas au sein du gouvernement, ce qu’on appelle la transparence dans toutes les démocraties.


Les Comores sont regorgent de ressources humaines hautement qualifiées. Les membres du gouvernement sont excellents du point de vue compétence technique. Alors où est le problème monsieur le Président. Ah ! le mariage de raison a toujours des conséquences imprévisibles.

Cependant, si nous prenons la peine de regarder la situation des Comores d’il y a 60 ans, tout le monde constatera que notre pays a connu des bonds sociologiques gigantesques et le phénomène est loin de s’arrêter. En effet, il y a 60 ans le pays avait un seul médecin comorien, les enseignants primaires étaient recrutés de Madagascar et ceux du secondaire étaient assurés par les français.

Depuis l’indépendance tous les secteurs d’activité sont assurés par les comoriens eux-mêmes. De la maternelle à l’enseignement supérieur les professeurs sont comoriens. Nos hôpitaux sont essentiellement occupés par les comoriens. L’appareil judiciaire est dirigé par les comoriens. Toute la fonction publique est administrée par les comoriens. Tous les conseillers auprès du président de la république et du gouvernement sont des comoriens. En 4 décennies d’indépendance, les citoyens comoriens ne peuvent qu’être fiers de ces avancées sociologiques franchies, même si la situation sociale et économique demeure exsangue.

Les questions dont les citoyens sont en droit légitime de poser est pourquoi le président s’était-il engagé dans la formation d’un gouvernement hétéroclite dont tout le monde savait la finalité de cette alliance. Veut-il aujourd’hui procéder à un changement au sein du gouvernement ? Quand on sait qu’au mois de mai dernier tout l’appareil de l’Etat fêtait en grande pompe la première année d’investiture du président en exercice en ayant comme corollaire faire des Comores un pays émergeant dans moins de 15 ans. Dans son discours du 6 juillet le chef de l’Etat ne montrait pas une seule ombre de dysfonctionnement de son appareil.

En fait le système juridico-politique comorien présente des imperfections majeures, ce qui empêche toute dynamique de développement. Donc ce ne sont pas les femmes et les hommes du pays qui sont mauvais. La véritable mue serait plutôt le toilettage total du système défaillant.

Pour cela la tenue des assises nationales sur le bilan proposé par le mouvement du 11 août tombe à point nommé. Pour ce le parti Ulezi s’en félicite et il s’y inscrit totalement sans réserve. Le parti Ulezi appelle toutes les forces vives de la nation sans exclusion à s’asseoir autour d’une table, aussi bien celles de l’intérieur que de l’extérieur pour discuter sans passion des intérêts supérieurs de la nation.

Le parti Ulezi dénonce avec la plus grande fermeté la phallocratie développée par le chef de l’Etat. A un moment où toutes les démocraties militent en faveur de la parité homme-femme, les autorités comoriennes persistent à rester dans le machisme rétrograde. Une seule femme est nommée au sein du gouvernement. Scandaleux. La femme comorienne possède la même capacité intellectuelle et professionnelle que l’homme. Elle doit par conséquent occuper des postes de responsabilité. La parité n’est pas un mot creux, elle doit devenir une réalité dans tous les espaces y compris dans les institutions de la république.

 

Natuk Mohamed, Président du parti Ulezi

 

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