La Gazette

des Comores

Habari za udunga: La palabre des réseaux sociaux

Habari za udunga: La palabre des réseaux sociaux © : HZK-LGDC

A l'heure de la mondialisation, de l'Internet et du village planétaire, jamais la désinformation n'a été aussi grande. Même dans nos minuscules îles de la lune, nous n'échappons pas à cette déferlante.


A cette désinformation ambiante s'ajoute, chez nous, une propension à rajouter, à faire monter la sauce comme on dit sur le continent. "Ye yapvo ngwambayo ?, Kozanyumeni ? ye kozazidi ? wunitriye mdjini ?", autant de questions qui appellent à se positionner sur l'actualité du jour.

 

Certains, se sont même spécialisés dans le colportage de ces informations sans lendemain, mais qui ont des conséquences fâcheuses dans la bonne marche de notre société et le devenir de certains. Nous sommes arrivés à un stade où nous pouvons, raisonnablement, nous demander, qui fait confiance à qui dans la mesure où, dans tous les cercles de tous les pouvoirs, l'on fait, la plupart du temps, plus confiance à ces ragots qu'aux faits eux-­mêmes. Dire du mal les uns les autres est devenu un exercice national. On se lève le matin et on se demande ce que l'on peut bien inventer pour bénéficier des faveurs d'un tel ou d'un tel ? Comment dans un si petit espace, l'on arrive à dire autant de choses et leurs contraires à la fois ?

 

Chaque membre du microcosme dispose de ses réseaux qui distillent les nouvelles d'en haut et celles d'en bas. Car, dans ce milieu, il faut montrer que l'on est au courant du moindre bourdonnement qui grouille dans toute la société. Ceux qui bénéficient de ces informations d'un jour, ont le sentiment d'avoir la maîtrise des événements. Aujourd’hui, c’est la palabre des réseaux qui a pris la place des palabres sous les badamiers car c'est d'elle que jailli ce flots incessant de paroles en l'air sans jeux de mots. Et comme aimait à le dire un personnage de chez nous : "la langue n'a pas d'os ».

 

Aussi, on nous accuse à tort ou à raison de n’avoir pas de suite dans les idées, de nous contenter du peu que nous avons, en fait de ne pas être cartésien comme nos cousins très éloignés de l’autre bout du monde. On peut se demander pourquoi quand nous entreprenons quelque chose nous avons un mal fou à en définir les tenants et les aboutissants ? Nous donnons l’impression de manquer de vision que ce soit pour le court, le moyen ne parlons pas du long terme.

 

N’aurions-nous pas les capacités intellectuelles pour réfléchir sur le devenir de nos sociétés ? Quels sont nos handicaps mentaux si l’on peut oser cette terrible question ? Nous n’aimons pas nous formaliser car ce qui nous intéresse ce de pouvoir changer de point de vue. Aujourd’hui c’est blanc, demain ce sera noir, il n’y a pas de quoi faire une maladie comme chantait l’autre. Et, après-demain ce sera quoi ?

 

Peut-être qu’avec le temps, ceux qui viendront après nous, auront acquis et assimilé les notions fondamentales qui consistent à se plier à des règles que nous avons nous-mêmes instituées. Ce cher contrat social, cher à Rousseau. En attendant, contentons-nous de vivre à l’air du temps, le temps qui va…

 

Mmagaza

 


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