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des Comores

Habari za udunga / La corde de fumée

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Habari za udunga / La corde de fumée

"Le monde contient bien assez pour les besoins de chacun mais pas assez pour la cupidité de tous" (Gandhi)


Il y a déjà bien longtemps que nos compatriotes des îles de la lune ont le sentiment de tirer « une corde de fumée » (Mkabaya wa djosi), quand ils essaient, tant bien que mal, de faire un petit bilan de ce que le pays a vécu depuis l’indépendance. En effet, en dehors de la période du Mongozi, le pays a toujours vécu dans l’aléatoire et surtout à une cadence qui lui a toujours échappé. Même si on peut, de temps à autre, avoir l’impression que les choses tournent rond, ce n’est qu’une illusion d’optique.

Nous sommes les champions quand il s’agit d’agir dans l’urgence. Ce que sera demain, nous importe peu. Mais, nous ne nous lasserons jamais de le répéter, nos îles recèlent les ressources humaines indispensables pour bâtir un avenir meilleur pour ses enfants. Nous avons les capacités dans plusieurs domaines pour relever le défi du développement. Comment comprendre qu’avec des dizaines d’ingénieurs, nous avons une agriculture à la traîne et des prix hors de portée de la bourse du comorien moyen ? Comment comprendre notre incapacité à capter positivement l’apport de notre formidable diaspora ?

Quel est le ressort qui est brisé en nous, qui nous empêche de rebondir face aux opportunités que nous offre une nature exceptionnelle ? Il ne faut pas être versé dans les secrets de l’économie politique, pour constater qu’il y un trop plein au sein du microcosme. Chacun de nous se prend à rêver d’être vizir à la place du vizir comme le bon vieux Izngoud de la bande dessinée. Et la nouvelle architecture institutionnelle si elle n’est pas maîtrisée, de part et d’autre, verra une prolifération d’apprentis es politis. La rigueur ne doit pas être que monétaire.

Il est donc  à craindre qu’à force de  tirer « la corde de fumée », nous ne finissions par tirer le diable par la queue. Et ce sera, bonjour les dégâts ! Et comme nos « z’histoires » n’ont jamais ni tête, ni queue, il ne faudrait pas oublier cependant qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Et comme dirait l’autre « sepvindje letsesa mdru tsido ndro ». Malheureusement c’est ainsi que va la vie dans les îles de la lune !

 

Mmagaza (Article paru en octobre 2004)

 

 

 

                                                                               

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