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Habari za udunga / Face aux turbulences d’un monde en déshérence

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Habari za udunga / Face aux turbulences d’un monde en déshérence

Comme un certain Martin Luther King, j’ai fait un rêve. Un rêve qui n’a rien à avoir avec celui du grand homme. J’ai rêvé que j’étais devenu… un politicien. Un politicien dans les îles de la lune. Ces îles qui voguent dans un grand océan. Ces îles qui rêvent elles aussi d’être parmi les nations qui comptent dans ce bas monde.


Bien sûr dans mon rêve, je suis devenu politicien par accident comme c’est le cas sous les cocotiers. Un jour on cherchait quelqu’un pour un poste dans un cabinet ministériel et quelqu’un a proposé mon nom et je ne sais comment je me suis trouvé en train de prendre la parole dans des meetings.

Je me suis mis à donner des explications à droite et à gauche sur le comment et le pourquoi de ceci ou de cela. D’autres hommes politiques m’invitent dans leurs réunions, j’y vais toujours de bon cœur car j’apprécie cette façon d’être, toujours en train de dire une chose et son contraire, de flatter les gens tout en disant des ragots sur leurs dos, de faire semblant d’être aimable sans l’être vraiment, bref d’être ce que je ne suis pas.

Le rêve de Martin Luther King était un rêve visionnaire. Le mien, c’était un cauchemar. En fait, le rêve que j’ai fait n’est, malheureusement, que la réalité de ce que vit tous les jours des hommes et des femmes, qui se sont enfermés dans un cercle vicieux.

Avec les structures institutionnelles actuelles, on assiste, incrédule, à des retournements spectaculaires de positions. Nos compatriotes, il faut le dire, ne savent plus à quel saint se fier. Il faudrait que nos politiciens sous les cocotiers respectent de temps à autre, la parole donnée. Il serait en effet fastidieux de revenir ici, sur les arguments de campagne, qui ont amené les citoyens à accorder leurs suffrages aux uns et aux autres. Il faut savoir assumer les erreurs. Ce pays a besoin de bâtisseurs.

Un jour, au premier Salon du livre, les intervenants ont parlé de ceux qui écrivent, de ceux qui ont des choses à dire. Ils ont parlé de la nécessité de s’approprier de tout ce qui nous unit même si nous venons tous de part en part. Ce qui fait que face aux turbulences d’un monde en déshérence, nous arrivons vaille que vaille à nous reconnaitre les uns et les autres. 

Et pendant ce temps, certains se retournent les pouces. Or nous savons tous que les problèmes de ce pays sont plus ou moins connus. Des centaines de rapports sur tous les problèmes actuels dorment dans les tiroirs des administrations. Ce qui manque dans ce pays, c’est l’absence d’initiatives et d’imagination. Et ce sont ceux qui écrivent, qui peuvent créer l’élan nécessaire pour que la vision de l’émergence devienne une réalité.

Dans les îles de la lune, nous faisons la politique, comme monsieur Jourdain, faisait de la prose sans le savoir. Les débats actuels sur la rupture de nos relations avec le Qatar en sont une brillante illustration. A entendre les arguments sans queue ni tête et les revirements à donner le tournis… C’est déroutant !

 

Mmagaza

 

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