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des Comores

Habari za udunga / Diplomatie : Le sens de la mesure

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Habari za udunga / Diplomatie : Le sens de la mesure

La rupture brutale de relations entre le Qatar et les Comores ne cesse de faire couler beaucoup d’encre dans les îles de la lune. Entre ceux qui soutiennent sans réserve l’initiative du chef de l’Etat et ceux qui sont carrément contre, se trouve une frange de la population pour estimer que dans cette affaire, il n’y a pas eu un sens de la mesure. En effet, au sein de l’opinion, personne n’a jamais entendu de la part du gouvernement que des louanges envers le Qatar et ses dirigeants.


Aussi, la réaction brutale des autorités demeure incompréhensible et certains se demandent si il ne fallait pas faire preuve de retenue même si le président soutient publiquement le régime saoudien. L’argument avancé sur le fait que c’est en Arabie que les musulmans effectuent le cinquième pilier de l’Islam, ne donne pas à ce pays le droit de soumettre les autres pays musulmans à ses désidératas.

Par ailleurs, il semble que le président ait privilégié un seul aspect du problème au détriment d’une politique qui prenne en compte tous les paramètres liés à un pays insulaire comme le nôtre, véritable carrefour de civilisation et d’histoire. L’Arabie saoudite et le Qatar sont des royautés et dont les mécanismes de gouvernance sont loin des nôtres. Aussi convient-il de prendre en compte l’état de l’opinion publique et des mécanismes de gouvernance qui nous guident.

Quand on voit des politiciens à la recherche de paternité aller à Beit-Salam pour chercher l’extrême onction, on se demande si nos concitoyens n’ont pas raison de se tenir à l’écart de la politique telle qu’elle est menée dans les îles de la lune.

Des centaines de rapports du Système des Nations Unies décrivent en long et en large les blocages qui nous empêchent d’aller de l’avant. La bonne gouvernance semble être un long creux pour le microcosme des iles de la lune.

Les gens ne se positionnent pas sur un plan éthique, moral et institutionnel pour se déterminer  sur leur choix. La critique est la seule arme. L’attitude actuelle du chef du parti Ridja frôle dans ce cas de figure l’indécence.

Aussi tout cela demande de nouvelles éthiques et de nouveaux cadres qui pourront faire en sorte que nos élites acceptent de mettre leurs savoirs et connaissances au service de nos îles. Pour l’instant force est de constater que cette idée de mettre en commun nos énergies pour le bien du pays peine encore à se concrétiser. Mais cela ne doit pas nous empêcher de creuser dans cette direction.

Aujourd’hui le parlement se complait dans des prérogatives inutiles et ne se donne pas les moyens de jouer son rôle, de contrôle de l’action gouvernementale. Pour que la diplomatie ait un sens, elle doit elle aussi avoir droit de cité à l’Assemblée. Pour que le chef de l’Exécutif  ne se croit pas au dessus de tout. C’est cela le principe de la séparation des pouvoirs dans un Etat démocratique.

 

Mmagaza

 

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