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Habari za udunga / Azali : Ten years after

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Habari za udunga / Azali : Ten years after

(Article paru juste après les résultats de la dernière élection présidentielle)


Après cinq jours de suspense, la Ceni a fini par donner les résultats provisoires du deuxième tour des présidentielles. Si la distance qui sépare le premier du second n’est pas abyssale, dans les normes démocratiques, la victoire du colonel Azali est là, même si l’on doit attendre le sifflet final de la cour constitutionnelle.

La victoire est le fruit d’un vrai travail du combattant si l’on peut employer cette expression pour un militaire de carrière. Aujourd’hui l’équation pour le colonel est celle-ci : 7+10+5. Sept ans de pouvoir passé, dix ans de traversée du désert et maintenant cinq ans à parcourir.

Le personnage a toujours fait l’objet de multiples analyses et commentaires. Son statut de militaire lui conférait au sein des civils, celui d’être un homme droit dans ses bottes et qui avait du mal à prendre en compte les avis des autres. A ceux qui l’ont côtoyé lors de la campagne, il leur a affirmé que durant ces dix dernières années, il a eu à faire un bilan de son passage au pouvoir, et qu’il pense être à même de faire la part des choses entre la politique et l’obligation de résultats.

Aussi, son slogan de campagne : « un président pour tous », ne doit pas être un concept creux dans un pays où le népotisme villageois et communautaire a la vie dure. Il serait pourtant irréaliste de demander au colonel de décrocher la lune quand on sait qu’il doit composer avec la coalition des partis et personnalités qui l’ont soutenu dans cette bataille. Il est évident que dans la première année, il faudra donner des gages à tout ce beau monde. Et c’est un doux euphémisme. Il s’agit surtout de ne pas oublier les défis qui sont devant nous. Et en premier, instaurer l’espoir perdu d’une grande partie de nos concitoyens.

« Un président pour tous », cela veut dire une justice pour tous, des chances égales pour tous, dans un monde où l’injustice est devenue l’apanage. Tout cela nécessite entre autres, l’existence d’une presse libre et responsable, garant d’une plus grande transparence dans la gouvernance d’un Etat de droit. Sans oublier bien sûr, notre grande cause relative à l’unité nationale, à savoir la question de Maoré.

Ceci étant dit, l’un des enjeux cruciaux de notre retard réside, dans la manière dont nous échafaudons, à chaque lever du coq, un nouveau cadre institutionnel, conforme, peut-être, à nos fantasmes, mais loin de la réalité qui gouverne la planète. L’autre enjeu s’avère être l’utilisation effective et efficiente de la masse de diplômés et d’experts avérés que regorge le pays au bénéfice d’un programme gouvernemental d’envergure en ramant, parfois, à contre courant des vagues qui seront soulevées par les innombrables partisans et courtisans.

Face aux dynamiques nationales et insulaires, nous avons toujours cru, que la logistique finira par suivre. Force est de constater, que ces petits calculs nous ont apporté des désillusions et beaucoup de rancœurs les uns envers les autres. Les responsables politiques qui sont légion dans nos îles, seraient bien inspirés de se mettre ensemble et faire face aux défis du développement, en premier lieu la lutte contre la pauvreté.

On peut espérer que le président Azali saura garder les pieds sur terre et permettre à notre pays de voir lui aussi le bout du tunnel. C’est tout le mal que nous lui souhaitons.

 

Mmagaza

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