La Gazette

des Comores

Habari za udunga: Être dans le confort sans l’effort !

Habari za udunga: Être dans le confort sans l’effort ! © : HZK-LGDC

Comme un certain Martin Luther King, j’ai fait un rêve. Un rêve qui n’a rien à voir avec celui du grand homme. J’ai rêvé que j’étais devenu… un politicien. Un politicien dans les îles de la lune. Ces îles qui voguent dans un grand océan. Ces îles qui rêvent elles aussi d’être parmi les nations qui comptent dans ce bas monde.


Bien sûr dans mon rêve, je suis devenu politicien par accident comme c’est le cas sous les cocotiers. Un jour on cherchait quelqu’un pour un poste dans un cabinet ministériel et quelqu’un a proposé mon nom et je ne sais pas comment, je me suis trouvé en train de prendre la parole dans des meetings. Je me suis mis à donner des explications à droite et à gauche sur le comment et le pourquoi de ceci ou de cela.

 

D’autres hommes politiques m’invitent dans leurs réunions, j’y allais toujours de bon cœur car j’appréciai cette façon d’être, toujours en train de dire une chose et son contraire, de flatter les gens tout en disant des ragots sur leurs dos, de faire semblant d’être aimable sans l’être vraiment, bref d’être ce que je ne suis pas.

 

Le rêve de Martin Luther King était un rêve visionnaire. Le mien, c’était un cauchemar. En fait, le rêve que j’ai fait n’est, malheureusement, que la réalité de ce que vivent tous les jours des hommes et des femmes, qui se sont enfermés dans le cercle vicieux du microcosme.

 

Parmi les reproches que les gens font aux habitants des îles de la lune, l’une d’elle revient souvent comme un leitmotiv, à savoir : leur fatalisme légendaire. Tout est écrit et personne ne peut échapper à son destin. On  nous montre les cinq doigts de la main pour nous signifier que l’égalité tant rêvée n’est que de la poudre aux yeux.

 

Autant d’images symboliques pour perpétuer un ordre que les gouvernants ont de tous temps voulu imposer à la société. Avec tout ce qui nous tombe sur la tête, on peut se demander si nous arrivons à appréhender tous les problèmes dans leur vraie dimension ?

 

Il ne s’agit pas de jouer chaque fois les âmes courroucées face à l’adversité mais d’agir comme citoyen, tout simplement. Il faudrait que l’ensemble de la société prenne conscience de ce qui fait son fondement et examine les principes et les valeurs de base qui la sous-tend.  Nous passons les trois quart de notre temps à imaginer comment nous allons nous mettre les uns et les autres des bâtons dans les roues, comment être dans le confort sans l’effort, comment être riche ‘’brusquement’’ ? (utadjiri wa hafla).

 

Nous ne le répéterons jamais assez, les ressources humaines pour faire des Comores un pays où il fait bon vivre, sont disponibles, mais l’irresponsabilité et l’inconscience dont nous faisons montre à tous les niveaux, sont à la mesure du retard que nous enregistrons chaque jour dans la voie du développement.

 

Mmagaza

 


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